Et si EDF fabriquait ses propres réacteurs, à la place d'Areva ?

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Et si EDF fabriquait ses propres réacteurs, à la place d'Areva ?
@ FRED DUFOUR/AFP
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FUSION NUCLÉAIRE - Le géant de l'électricité n'exclut pas de prendre une participation majoritaire dans l'activité "réacteurs" du groupe nucléaire.  

EDF ne veut pas se contenter d'être le gestionnaire du parc nucléaire français : il aimerait bien en être l'ingénieur également. Le géant de l'électricité n'exclut pas, en effet, de prendre une participation majoritaire dans l'activité "réacteurs" du groupe nucléaire Areva, qui serait ainsi recentré sur ses activités "combustibles" indiquent jeudi les quotidiens Les Echos et Le Figaro.

La conception et la construction bientôt chez EDF ? Selon ces journaux, EDF pourrait prendre une participation dans une large partie des activités d'Areva, à savoir le périmètre de l'ex-Framatome. L'ingénierie, c'est-à-dire la conception des réacteurs, la construction et aussi les équipements pourraient ainsi tomber sous la coupe de l'électricien. Resterait à Areva ses activités "combustibles", c'est à dire la fourniture d'uranium, et la gestion des déchets nucléaires. 

Quels intérêts pour les deux groupes ? Areva, qui a essuyé 5 milliards de pertes en 2014, peine à se réinventer depuis quelques années. Le groupe pâtit encore de l'accident de Fukushima, et des repart du chantier de l'EPR finlandais. "S'appuyer sur EDF représenterait plus de sûreté financière pour elle. Aujourd'hui, sa structure est trop petite. Elle est obligée de créer des alliances pour répondre à des gros appels d'offres. EDF, lui, a une force de frappe financière incomparable", décrypte pour BFM Business Nicolas Mazzucchi, chercheur associé à l'Iris.

EDF, grâce à cet éventuel rapprochement, se donnerait une structure internationale, les activités d'Arvea étant très tournées vers l'étranger. L'Etat, actionnaire à plus de 80% des deux groupes, y trouverait une occasion de donner un second souffle au secteur nucléaire français. "Le secteur énergétique français manque de cohérence. Eût égard à la taille de notre pays, nous avons beaucoup trop d'entreprises énergétiques leaders. Total, EDF, GDF, Areva, et même Alstom: cinq acteurs leaders, c'est énorme. Dans les autres pays, ils sont un, deux, trois maximum", décrypte Nicolas Mazzucchi. 

Le gouvernement doit donner son aval. Selon Les Echos, les choses sont toutefois encore loin d'être faites. Pour conclure un rapprochement de cette sorte, il faut en effet l'aval du gouvernement, qui attend les propositions précises des deux groupes la semaine prochaine avant de se prononcer. Par ailleurs, l'opinion d'Areva sur le dossier ne serait pas encore arrêtée. Selon le quotidien économique, d'autres scénarios existent en effet, comme un rapprochement entre les deux groupes limité à l'ingénierie des réacteurs. Scénario qui aurait la préférence d'Areva.

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