Désormais, La Poste livre aussi des colis le dimanche

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La Poste lance le 19 novembre un service de livraison dominicale, d'abord destiné aux grandes villes.

C’est une petite révolution à La Poste. À partir du 19 novembre, l'entreprise, via sa filiale Chronopost, va se mettre à livrer des colis le dimanche matin, en plus des six autres jours de la semaine. À quelques semaines de Noël et des gigantesques volumes d'expéditions de cadeaux, La Poste entend ainsi affirmer sa place dans un secteur en pleine croissance et chamboulé par la vente sur Internet. Les salariés qui vont livrer ces colis sont volontaires, et recevront une prime de 50 euros par dimanche travaillé.

Un démarrage progressif. Ce nouveau service commence dimanche par Paris uniquement. Puis Lyon la semaine prochaine, Marseille et Bordeaux, le dimanche 3 décembre, et enfin, une dizaine d’autres grandes villes comme Toulouse, Nantes, Lille ou encore Strasbourg à partir le 10 décembre. Les livraisons auront lieu le matin, de 9 heures à 13 heures. Pour l’instant, seul le site de vente en ligne Cdiscount va profiter du service pour livrer ses clients, mais d’autres entreprises sont annoncées, comme le fleuriste Aquarelle, par exemple, ainsi que la Fnac. Il reste encore un très gros acteur à convaincre d’utiliser ce service le dimanche, c’est le géant Amazon, qui est déjà par ailleurs le premier client de la Poste.

Faire du dimanche, "une journée comme une autre". Mais Benoît Frette, directeur général de Chronopost, se veut encore prudent sur ce nouveau service. "En termes de volume, Chronopost distribue environ 600.000 colis par jours. Pour l’offre le dimanche, on estime que nous allons réaliser un démarrage aux alentours de 1.500 colis, et arriver probablement l’année prochaine à 15.000 colis tous les dimanches. Ça peut sembler marginal, mais on imagine bien qu’à terme, en fonction de l’appétence pour la livraison de colis le dimanche, ça puisse devenir une journée comme une autre", explique-t-il auprès d’Europe 1.

"Ca a été très mal fait". Pour le délégué syndical central CGT de Chronopost, Richard Giraud, ce nouveau service n'est pas une bonne idée. "On peut survivre en 2017, sans recevoir de colis le dimanche matin. On est vraiment en train de basculer dans une société où la consommation est reine, bouscule tout et impose tout, y compris des bouleversements dans la vie personnelle, alors que l’on parle beaucoup de droit à la déconnexion. La livraison sept jours sur sept va faire voler en éclats ce droit-là", pointe le syndicaliste. "Sur la forme ça a été très mal fait, on a un président qui a annoncé ça, directement dans la presse, sans même consulter les salariés et sans que l’on puisse traiter les conséquences en terme de durée du travail et de compensation", conclut-il.