Crise du porc : Bigard et Cooperl boudent la table ronde

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Crise du porc : Bigard et Cooperl boudent la table ronde
@ FRED TANNEAU / AFP
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Une table ronde pour trouver une issue à la crise du porc est organisée autour du ministre de l'Agriculture, lundi après-midi. Mais les deux principaux industriels ont décidé de ne pas s'y rendre. 

Nouvelle journée cruciale pour la filière porcine. Stéphane le Foll réunit ce lundi à 15 heures à Paris une délégation des acteurs du marché au Cadran de Plérin ainsi que le Comité Régional Porcin et la Fédération Nationale Porcine pour tenter de trouver une issue à la crise porcine.

"Cette table ronde va décider de la vie ou de la survie du Marché du porc breton, et évidemment, après ça, de la vie et de la survie de la filière porcine", a souligné le président du Marché du porc breton (MPB) Daniel Picart. Les responsables du MPB ont décidé de "reporter le marché de ce matin aux conclusions de la table ronde". "Nous attendrons les conclusions de la table ronde pour fixer un prix", a-t-il dit. Mais les deux principaux industriels du porc en France, Bigard et Cooperl ont décidé de bouder cette réunion.

Désaccord sur le prix au kilo. La Cooperl et Bigard/Socopa jugent le prix de 1,40 euro le kilo trop élevé, notamment par rapport à la concurrence européenne, et notamment d'Espagne et d'Allemagne où le porc est respectivement vendu à 1,26 et 1,38 euro le kilo "Aujourd'hui, il y a une distorsion de concurrence avec nos concurrents espagnols et allemands. Mais c'est l'État qui nous impose des charges sociales, des charges fiscales, des charges environnementales", a déclaré Mickaël Guilloux, responsable de la section porcs à la FDSEA de Mayenne et à la FRSEA Pays de la Loire. "Il faut que l'État s'engage à rééquilibrer ces charges pour que nos élevages soient aussi compétitifs que ceux de l'étranger", a-t-il ajouté.

Un marché sans référence.Aucune cotation n'a eu lieu lundi, puis jeudi au MPB, qui ne représente que 15% des ventes de porcs hebdomadaires mais fixe le prix de référence au niveau national. L'absence de cotations, même si elle n'empêche pas les ventes en France, entraîne une situation compliquée pour certains éleveurs qui se retrouvent avec des cochons invendus sur les bras, sources de difficultés logistiques et financières, dans des exploitations qui fonctionnent désormais à flux tendus.

"On n'est pas à l'abri d'actions". "L'issue de la réunion d'aujourd'hui sera un premier déclic pour les agriculteurs", a estimé sur Europe 1 Yves-Hervé Mingam, président des Jeunes Agriculteurs du Finistère. "Nous, ce qu'on espère, c'est avoir un marché, soit ce soir, soit mardi", a-t-il ajouté, expliquant que cela pourrait ne pas suffire. "Mais que donnera le marché ? Malheureusement, si le prix baisse, ça ne se passera pas bien. Donc, on n'est pas à l'abri d'actions, soit syndicales soit spontanées de certains groupes d'éleveurs", a encore prévenu le jeune éleveur porcin.  

"Mourir à petit feu, il n'y a rien de pire". Une chose est sûre, selon lui : "Ici, en Bretagne, les agriculteurs ne se laisseront pas mourir sans rien dire. Si le gouvernement a décidé de nous lâcher, et c'est le sentiment qu'on a aujourd'hui, qu'il nous le dise, et au moins l'abcès sera crevé et on verra ce qu'il se passera. Mais mourir à petit feu, il n'y a rien de pire".