CAC 40 : les gros salaires passent de moins en moins bien

  • A
  • A
CAC 40 : les gros salaires passent de moins en moins bien
@ PEDRO ARMESTRE/AFP
Partagez sur :

BIG MONEY - Le taux d'approbation par les actionnaires des rémunérations des dirigeants des entreprises du CAC 40 a connu une forte baisse en 2015.

Depuis 2014, les actionnaires ont un droit de regard sur les rémunérations des patrons des entreprises cotées au CAC 40. Désormais, les actionnaires doivent chaque année voter pour approuver, ou non, les sommes qui seront versées à la direction. Bien que ces derniers ne puissent pas empêcher les entreprises de passer outre, il permet d'observer que les rémunérations stratosphériques de certains sont de plus en plus mal perçues.

Un taux d'approbation en baisse. Le taux d'approbation de la résolution "say on pay" a été en moyenne de 86% en 2015, contre 92% en 2014, indique une étude du cabinet Towers Watson publiée vendredi. Un recul de six points qu'on observe également à l'étranger, y compris dans des pays entretenant des relations moins compliquées avec l'argent qu'en France : au Royaume-Uni, il est passé de 93% en 2015 à 90% en 2014, tandis qu'en Espagne il a reculé de 90% en 2015 à 87% en 2014.

Selon l'étude, "les votes ont été plutôt défavorables sur les cas de rémunération directe élevée", mais "un niveau bas de rémunération n'assure pas nécessairement de votes favorables". Ce sont surtout "les augmentations de la part variable annuelle qui font le plus réagir les actionnaires". Une forte hausse du cours de Bourse n'est pas synonyme d'approbation pour les actionnaires, surtout lorsqu'elle "donne lieu à une augmentation qui apparaîtrait comme 'disproportionnée' de la rémunération du dirigeant", indique Towers Watson.

Par ailleurs, les recommandations des agences de conseil en votes telles qu'ISS, qui se montrent plus exigeantes et ont émis plus d'avis négatifs cette année, sont davantage suivies par les actionnaires, selon l'étude. Enfin, l'Etat français a choisi de voter contre les résolutions de "say on pay" dans les groupes dont il est actionnaire, contribuant à faire baisser le taux d'approbation des résolutions.

Selon une enquête publiée fin avril par Facta pour La Tribune, les rémunérations des patrons du CAC 40 ont progressé de 10% l'an passé, grâce à l'octroi d'actions et d'options.