C’est prouvé, novembre = déprime

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C’est prouvé, novembre = déprime
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SANTÉ - Une étude du CNRS montre que stress et dépression bondissent en flèche pendant l’automne.

L’INFO. L'automne n'est pas une saison favorable pour l'entreprise. Dans les bureaux, l'atmosphère est à la sinistrose, et cela n'a rien à voir avec le football ou la conjoncture économique. Chaque année, à la même époque, le constat reste identique : l'ambiance dans les open-space est tendue, électrique. Ce phénomène a même été mesuré dans le cadre d’une vaste enquête menée par le CNRS : les mois de novembre et décembre sont la période où le stress est le plus palpable.
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© REUTERS

L’étude. Le CNRS a étudié le niveau de stress auprès de 80.000 salariés pendant cinq ans et a réussi à isoler le facteur temps à partir des données issues des Observatoires Médicaux de Stress, d'Anxiété et de Dépression (OMSAD) de l'IFAS. Le constat est sans appel : l'automne est la saison où le stress monte le plus pour atteindre un pic en décembre. La seule période de l’année où on observe un autre pic de stress se trouve au mois d’avril, à la sortie de l’hiver, mais il est moins élevé.

Pourquoi les employés dépriment en novembre. La première explication est d’abord saisonnière : l'entrée dans l'hiver est synonyme de froid, d’une baisse de la lumière et d’une plus grande fatigue. Mais l’explication d’une telle sinistrose est aussi à chercher du côté de l’organisation du travail, comme le souligne Eric Albert, psychiatre et conseil en entreprise.

"Les entreprises font la plupart du temps le premier semestre en six mois. Mais le deuxième semestre, avec l’été, il va falloir le faire en quatre mois", souligne ce spécialiste. "Donc entre septembre et décembre, il va falloir réaliser l’ensemble de ce semestre. D’autant plus qu’il faut boucler l’année, ce qui suppose de toute façon du travail supplémentaire.  Il y a donc à ce moment là une montée de l’intensité de travail très forte", décrypte Eric Albert pour Europe 1.

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rires, bonheur, illustration

© MAXPPP

Les solutions existent. Pour sortir leurs troupes du marasme, plusieurs entreprises ont déjà trouvé la parade : elles organisent un évènement festif. Novembre, c'est donc le moment qu’a choisi Jean-Claude Delgennes, à la tête d'un cabinet de conseil, pour annoncer à ses 150 salariés que l'entreprise les invitait 3 jours au ski à La Clusaz.

"Pendant trois jours, nous allons effectivement pas trop travailler mais surtout échanger entre nous, nous ressourcer, renforcer le collectif. L’idée est de permettre aux gens de se sortir de leur coquille, de la bulle dans laquelle ils se mettent, due à la saison, due à toutes les anxiétés. C’est donc tout simplement leur permettre de vivre un moment heureux". Dont la facture avoisine néanmoins les 50.000 euros.

Bercy, ça leur réussit !
"Contre-balancer le froid par la lumière". Autre entreprise mais même concept : la société de conseil Infhotep a prévu un "kick off" festif, autrement dit un séminaire d'entreprise. "Cette année nous sommes allés dans l’Orne. Nous avons fait des courses de kart, mais nous avons aussi fait du canoë kayak en remontant une rivière", témoigne Christian des Lauriers pour Europe 1.

Et ce dernier de poursuivre : "on a eu de la chance de tomber sur un vendredi et un samedi où il faisait très beau : on a profité de l’automne et de ses belles couleurs. Donc on essaye de contrebalancer le froid par la lumière." Un tel évènement a néanmoins un coût, à savoir 6.000 euros pour 25 salariés. Pour la plupart des sociétés, un simple pot au bureau peut aussi faire l'affaire.

Etude CNRS menée auprès de 79.882 salariés entre 2007 et 2012.