C'est officiel, la publicité préfère le web à la presse

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C'est officiel, la publicité préfère le web à la presse
@ MARC PISCOTTY/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP
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TRANSITION - Les montants dépensés en ligne ont pour la première fois dépassés ceux consacrés à la presse écrite.

Les publicitaires vont là où sont leurs cibles. Puisque les lecteurs délaissent progressivement la presse écrite pour s'informer en ligne, les régies publicitaires suivent le mouvement. Résultat, les montants dépensés sur Internet ont pour la première fois dépassé ceux dépensé dans la presse traditionnelle... et commencent même à s'approcher des budgets consacrés à la publicités télévisée. Une révolution copernicienne est en cours.

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La publicité sur internet a progressé en 2014 en France à près de 3 milliards d'euros, ce qui lui a permis de dépasser pour la première fois la presse et de talonner la publicité TV qui voit sa position dominante disputée, selon l'Observatoire de l'e-pub publié jeudi.

La publicité numérique a crû de 4% en 2014, à 2,896 milliards d'euros de chiffre d'affaires net, ce qui représente une part de 25% des investissements médias, selon l'étude réalisée par le cabinet PwC pour le Syndicat des régies internet (SRI) et l'Union des entreprises de conseil et d'achat médias (Udecam). La communication numérique est passée ainsi pour la première fois devant la presse (24%) l'an dernier et se rapproche de la publicité télévisée (27%). "La bonne dynamique de la publicité numérique permet au média internet de devenir le 2e média investi derrière la TV", a souligné Arthur Millet, président du SRI.

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Un mouvement appelé à s'amplifier. Au vu des niveaux d'investissements en Allemagne, où la pub numérique représente 32% des achats médias, du Royaume-Uni (37%) ou des Etats-Unis, la publicité numérique en France "a encore un fort potentiel de développement", pronostique Arthur Millet. Côté perspectives, "la croissance devrait se poursuivre en 2015 et la part du numérique n'a pas fini d'augmenter" pour Matthieu Aubusson, associé de PwC, qui estime à titre personnel que la pub numérique pourrait dépasser celle à la télévision fin 2015 ou en 2016. "La montée en puissance d'outils de mesure de visibilité et de couverture améliorera fortement l'efficacité du display", tandis que "la vidéo devrait prolonger sa croissance" et que des campagnes combinant TV et Web vont se généraliser, ajoute Sébastien Leroyer, Directeur  chez PwC.

Dans le détail, le "search" (liens sponsorisés et marketing sur moteurs de recherche), qui représente 59% de la pub en ligne en France, progresse de 4%, porté par la croissance du mobile et de la publicité locale. Le "display", deuxième segment en valeur, progresse de 8% grâce à l'explosion de la vidéo, la progression du programmatique et du mobile. Les dépenses publicitaires sur mobile ont en effet bondi de 77% en 2014, à 407 millions d'euros. L'achat programmatique, c'est-à-dire l'achat automatisé d'espaces publicitaires internet sur les places de marché en temps réel, continue à progresser, gagnant 66% l'an dernier à 195 millions d'euros. La vidéo reste pour les annonceurs le "format roi" et progresse de 65% à 224 millions d'euros grâce au mobile et à l'IPTV, souligne l'étude.

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