Budget 2018 : les retraités sont-ils les perdants des nouvelles mesures fiscales ?

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Budget 2018 : les retraités sont-ils les perdants des nouvelles mesures fiscales ?
@ JOEL SAGET / AFP
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Le projet de loi des Finances 2018 prévoit une hausse de la CSG sans aucune compensation pour certains retraités. Mais lesquels ? 

"Je leur dis qu'ils le font pour les plus jeunes générations et pour récompenser le travail", répondait, cet été, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, interrogé fin août par Sud-Ouest sur la politique fiscale du gouvernement envers les retraités. Mais l’argument n’a visiblement pas convaincu tout le monde. Refusant d’être les "têtes de Turc du gouvernement", les retraités sont appelés à manifester jeudi dans les grandes villes de France, à l'initiative de neuf syndicats dont la CGT retraites et FO retraites.

En ligne de mire, la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) prévue par le projet de loi des Finances 2018. Comme pour l’ensemble des contribuables, elle frappera certains retraités. Mais contrairement aux salariés du privé, aux fonctionnaires ou aux indépendants, les retraités ne devraient pas (tous) avoir de compensation. Explications.

Hausse de la CSG : qui est concerné ?

L’ensemble des contribuables payant une CSG à taux plein seront concernés par la hausse de cet impôt, qui sera de 1,7%. Les salariés du privé, toutefois, ne perdront pas au change : cette hausse sera compensée par la suppression des cotisations maladie et chômage. Idem pour les indépendants et les fonctionnaires, dans des modalités qui restent encore à définir (lire les détails dans notre article ici).

Pour les retraités, en revanche, il n’y aura aucune compensation directe. Ils verront ainsi leur CSG passer de 6,6% à 8,3% dès le 1er janvier 2018. Mais seuls ceux qui payent une CSG à taux plein seront concernés par cette hausse. Qui sera donc concerné au final ? Environ 60% des retraités français, ceux dont le revenu fiscal de référence annuel est supérieur à 14.404 euros (environ 1.200 euros nets par mois) pour une personne seule, et 22.095 euros pour un couple. Ainsi, un retraité seul gagnant 1.300 euros par mois verra sa CSG augmenter d’environ 22 euros tous les mois. Pour les retraités ayant une pension  inférieure aux seuils, en revanche, rien ne changera.

N’y a-t-il donc aucune compensation pour les retraités ?

Au premier janvier 2018, donc, il y aura bien 60% des retraités qui seront impactés par la hausse de la CSG. Et la hausse mécanique des pensions prévue pour octobre en raison de l’inflation ne la compensera pas : de 0,8%, elle représentera un gain de 5 à 13 euros par mois, en fonction du montant des retraites. La revalorisation de l'an prochain, qui aurait elle aussi dû intervenir en octobre 2018, sera en outre repoussée en janvier, afin d'économiser 400 millions d'euros à l'Etat. 

En revanche, le gouvernement l’a promis : une majorité de retraités verront la hausse de la CSG compensée par la future exonération de la taxe d’habitation, qui peut aller de 481 euros par an à plus de 1.400 euros selon les villes (soit, en fonction des villes et des revenus, un montant inférieur ou supérieur à la hausse de la CSG). Cette exonération, en effet, bénéficiera aux retraités ayant un revenu fiscal de référence annuel de moins de 28.000 euros s’ils sont seuls, et de 45.000 euros s’ils sont deux. Le hic ? Cette exonération sera progressive (diminution de 30% en 2018, de 65% en 2019) et ne devrait atteindre les 100% qu’en 2022.

À noter, enfin, que les retraités les plus modestes, ceux touchant l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (parfois appelé "minimum vieillesse", aujourd’hui d’environ 800 euros par mois), verront leurs pensions augmenter de 30 euros dès avril prochain, puis de 35 euros en 2019 et 35 supplémentaires en 2020.