Brexit : les régions françaises s'inquiètent pour leurs subventions européennes

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Les représentants des régions doivent se rendre à Bruxelles pour défendre le montant des subventions que leur verse l'UE, alors même que le départ du Royaume-Uni pourrait amputer une partie de cette manne.

C'est un petit détail qui vous a peut-être échappé. Souvent, sur les panneaux de chantiers, dans nos régions, apparaît le logo européen juste à côté de celui des autres collectivités. Les projets subventionnés par l'UE sont nombreux en France, mais avec le Brexit, l'Europe s'apprête à perdre l'un de ses principaux contributeurs. Et par voie de conséquences, les subventions accordées aux régions pourraient être revues à la baisse, avec des conséquences catastrophiques dans de nombreux secteurs, alertent certains responsables locaux.

Un poids dans le budget. Ainsi, un rapide coup d'œil sur les comptes de la Nouvelle-Aquitaine suffit pour saisir l'importance de ces fonds européens, qui pèsent quelque 2,5 milliards d'euros dans le budget de la région pour la période 2014-2020. Sans ces subsides, la région n'aurait pas pu bâtir la grotte de Lascaux IV, réplique de la grotte originelle inaugurée il y a deux ans, et pièce maîtresse du développement touristique en Dordogne.

Faire pression. Des exemples de ce type, Alain Rousset, le président socialiste de la région, en a plein la bouche. "C'est énorme, ça représente, par exemple, 40% de la politique régionale de formation des demandeurs d'emploi. Le monde rural est accompagné pour plus d'un milliard dans la Nouvelle-Aquitaine par ces crédits européens", cite-t-il notamment. "C'est pour nos entreprises, nos agriculteurs, nos territoires que l'on se bat", fait-il valoir.

Régions françaises et länder allemands. L'élu, qui entend bien conserver ces aides, veut utiliser le poids des régions pour organiser la pression sur les ministres européens. "J'espère qu'Emmanuel Macron, qui nous avait dit qu'il allait se battre sur ce dossier, le fera comme l'avait fait François Hollande. Il faut bien voir que c'est vital !", ajoute-t-il. En effet, les régions françaises ne sont pas les seules concernées. Et puisque l'union fait la force, leurs représentants iront dès cette semaine à Bruxelles, plaider leur cause aux côtés des länder allemands.