Après un regain de tensions, la Grèce proche d'un accord avec ses créanciers

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Après un regain de tensions, la Grèce proche d'un accord avec ses créanciers
@ ARIS MESSINIS/AFP
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CRISE DE LA DETTE - Les points de vue entre Athènes et ses créanciers se sont rapprochés ce week-end après plusieurs semaines de flottement.

Alors que les négociations entre la Grèce et ses créanciers ont longtemps été tendues et marquées par plusieurs volte-face, Athènes et le reste de l’Europe avaient réussi à renouer un dialogue apaisé depuis cet été. Une accalmie qui n’a duré que trois mois : depuis la fin du mois d’octobre, les désaccords sur les réformes à mener et les petites phrases ont fait leur retour. Mais ce n’était qu’une mauvaise passe : les dernières discussions ont permis de "bons progrès", a annoncé dimanche le patron de la zone euro. Jeroen Dijsselbloem, s'est félicité des "bons progrès" entre la Grèce et ses créanciers, précisant qu'ils étaient parvenus à un accord sur "beaucoup de questions".   

Que négocient la Grèce et ses créanciers ? Bien que la Grèce ne soit pas à sec comme c’était le cas en début d’année, elle a encore besoin d’argent frais pour fonctionner et renflouer ses banques. C’est pourquoi il a été décidé cet été de lui verser 86 milliards d’euros en plusieurs versements, en échange de quoi le gouvernement Tsipras s’est engagé à mener une série de réformes économiques

Sauf qu’Athènes rechigne depuis quelques semaines à adopter certaines mesures, poussant ses interlocuteurs à durcir le ton et à différer une tranche d’aide de deux milliards d’euros prévue pour le mois d’octobre. Les négociations menées ce week-end ont visiblement permis de rapprocher les points de vue.

Quel est le problème entre Athènes et ses créanciers ? Les divergences entre Athènes et ses créanciers portent principalement sur le règlement des arriérés fiscaux et en matière de cotisations sociales, ainsi que sur la question de la saisie des résidences principales. Les créanciers réclament des mesures pour faciliter les saisies immobilières, mais Athènes résiste, et veut maintenir certaines des dispositions permettant d'en protéger la majorité des ménages endettés. Les discussions portent concrètement sur la valeur-plafond en-dessous de laquelle une résidence principale ne pourra pas être saisie. Parmi les autres points sensibles, figurent la hausse de la TVA dans les îles grecques et dans l'enseignement privé, et le prix minimum des médicaments génériques.

Autant de points sur lesquels les positions de chacun se sont rapprochées au cours de ce week-end. Reste à savoir si les négociations aboutiront "en début de semaine prochaine", comme l’espérait il y a quelques jours les ministres des Finances de la zone euro, réunis lundi dernier à Bruxelles.

Où en est la Grèce aujourd’hui ? Le pays traverse toujours une période délicate après six années de récession et un exercice 2014 à peine meilleur. Et malgré une bonne saison touristique, le PIB grec a subi une forte contraction de 0,5% en Grèce au 3e trimestre.

Sans oublier une population qui vit de plus en plus mal les réformes engagées. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a essuyé jeudi sa première grève générale, qui a été émaillée de quelques incidents et avait reçu le soutien de son propre parti, Syriza, opposé à de nouvelles mesures d'austérité.