Alexandre de Juniac : Air France va "essayer de privilégier les départs volontaires"

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Le PDG d'Air France-KLM a mis en avant une "concurrence terrible" pour justifier le plan de restructuration.

INTERVIEW

Les négociations avec les pilotes ayant échoué, Air France-KLM a annoncé jeudi la mise en œuvre d'un nouveau plan de restructuration, avec des suppressions d'emplois à la clé. "Malheureusement, les négociations n'ont pas abouti à ce que nous pensons être nécessaire pour la maison", a déclaré Alexandre de Juniac, le PDG de la compagnie, invité de Thomas Sotto sur Europe 1 vendredi, confirmant "malheureusement un important plan de réduction d'emplois" à venir.

"Ce que nous nous sommes engagés à faire, c'est essayer de privilégier les départs volontaires, ce que nous avons fait depuis plusieurs années", a insisté Alexandre de Juniac. Mais "quand il le faudra", la compagnie devra également "recourir à des départs non volontaires", a reconnu le PDG, précisant que "ce sera exceptionnel et limité". "Quand il le faudra et en dernier recours, nous y procéderons". Alexandre de Juniac n'a pas chiffré le nombre de suppressions d'emplois, qui sera dévoilé lundi lors d'un comité d'entreprise. "Vous me permettrez de réserver à nos salariés le détail de ce plan", a-t-il expliqué.

"Une concurrence terrible". "On est confrontés à une concurrence terrible", a affirmé Alexandre de Juniac pour justifier cette décision. "Aujourd'hui, nous ne sommes pas assez compétitifs. Ce qu'on demande, c'est de baisser nos coûts au niveau européen", a-t-il poursuivi. "Avec ça, on est capable de maintenir Air France dans les grands mondiaux et de faire repartir la croissance de nos lignes". "La course des dix plus grandes compagnies mondiales est menée par dix grandes maisons, qui non seulement sont très puissantes, mais gagnent à peu près dix fois ce que nous allons gagner", a ajouté le PDG.

Alexandre de Juniac a exclu toute possibilité de renégociation du plan dans l'immédiat. "Les négociations sont terminées à ce jour", a-t-il affirmé. "Maintenant, si dans les semaines qui arrivent, les organisations syndicales arrivent avec un projet et une vraie volonté de discuter, la porte n'est pas fermée", a-t-il fait valoir. Les fermetures de lignes prévues en 2016 sont toutefois déjà "engagées", a-t-il expliqué.

Un préavis de grève a été déposé pour lundi. Cependant, "nous n'attendons pas de perturbations trop importantes, en tout cas lundi", a assuré Alexandre de Juniac. "Tous nos passagers seront informés de l'évolution de la situation".

>> L'interview en intégralité :