A Amiens, les salariés de Whirlpool en colère et sans illusions

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L'usine du fabricant américain d'électroménager devrait fermer à la mi-2018, laissant 290 salariés sans travail. 

REPORTAGE

Chez Whirlpool, l'heure est grave. L'usine d'Amiens, dans la Somme, devrait fermer en juin 2018, et la production de sèche-linges devrait être délocalisée en Pologne. Dans un communiqué, le fabricant américain d'électroménager s'avance avec beaucoup de prudence : "Whirlpool France fera tout son possible et engagera les ressources nécessaires" pour trouver un repreneur pour son site ainsi que "de nouvelles activités pour attirer des emplois". Une déclaration très vague, qui ne convainc pas les 290 salariés de l'usine.

"Les usines ferment une à une". Il sont même sans aucune illusion. Michel, 25 ans d'ancienneté, avait le cœur lourd mardi sur le parking de l'usine. Dans moins d'un an et demi, il devra trouver un nouveau travail. Dans un bassin d'emploi où le taux de chômage flirte avec les 12%, selon lui, c'est impossible. "Ça va être dur, j'ai 50 ans. Donner des places à tout le monde sur le marché d'Amiens c'est bien beau mais il n'y a plus rien. Les usines ferment une à une. On a sacrifié notre salaire : 20 ans de résultat et on nous remercie comme des chiens."

Entendu sur Europe 1
Certains candidats voudraient nous faire travailler plus longtemps. On aimerait bien déjà pouvoir travailler tout court !

Rancœur. Sur place, la rancœur se fait sentir contre un employeur qui délocalise en Pologne alors que selon les syndicats, la chaîne de production est rentable. Ces derniers dénoncent l'hypocrisie de la direction. Laurent Chantrelle, délégué CFDT, s'insurge : "On nous ment encore. On nous a jamais parlé de repreneur. Business business, les salariés, on en a rien à foutre."

Guère d'espoir avec le plan Cazeneuve. Et lorsque le Premier ministre Bernard Cazeneuve annonce la préparation d'un plan économique pour Amiens à trois mois de la présidentielle, là encore, Cécile Delpirou, déléguée CFE-CGC, secoue la tête. Elle ne voit plus d'espoir du côté des politiques. "On espérait qu'ils puissent faire pression suffisamment fort avant l'annonce du plan social. C'est pour cela qu'on les a tous alertés, visiblement, ça n'a pas suffi. Certains candidats voudraient nous faire travailler plus longtemps. On aimerait bien déjà pouvoir travailler tout court !" Une requête devenue malheureusement une rengaine dans une ville et une région déjà marquée par de lourds conflits sociaux ces dernières années, comme la fermeture de l'usine Goodyear il y a trois ans.