"Stress tests" : quelles sont les banques les plus fragiles ?

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"Stress tests" : quelles sont les banques les plus fragiles ?
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FINANCE - La Banque centrale européenne a dévoilé dimanche les résultats des stress tests menés pour vérifier la solidité des banques de la zone euro.

C'est désormais officiel : la majeure partie du système bancaire européen résisterait à une nouvelle crise financière. En effet, 81% des établissements bancaires ont passé avec succès les "stress tests" mis au point par la Banque centrale européenne pour vérifier que la solidité du secteur bancaire de la zone euro. Sur les 130 banques testées, seules 25 n'ont pas réussi cet examen, soit 19% du panel, principalement des petits établissements.

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Des stress test pour éviter une nouvelle dégringolade et redonner confiance. La crise des subprimes en 2008 a déstabilisé le secteur bancaire européen et laissé des traces. Désormais, ce sont les banques elles-mêmes qui sont censées payer les pots cassés en cas de nouvelle crise bancaire. Mais encore faut-il qu’elles en aient les moyens. L’Europe a donc changé les règles comptables pour qu’elles prennent moins de risques et disposent d’une trésorerie suffisante en cas de crise.

C’est là qu’interviennent les stress tests : ces simulations servent à vérifier que les banques ont les moyens de gérer elles-mêmes les conséquences d’un nouveau krach. Dans les faits, 6.000 spécialistes simulent une nouvelle crise (récession, effondrement des bourses, chute du marché immobilier) pour voir comment une banque réagirait. Et si elle a les moyens de s’en sortir sans appeler à l’aide un Etat.

Sur les 130 banques testées, 25 établissements jugés trop fragiles. Après des mois de travail, la Banque centrale a dévoilé dimanche les résultats de ces stress tests. Bilan : sur les 130 banques contrôlées, 105 ont passé les tests sans problème et 25 ont été jugés trop fragiles. Sont concernés : neuf banques italiennes (dont Banca Monte dei Paschi di Siena et Banca Popolare di Milano), trois grecques, trois chypriotes, mais également deux petits établissements, l'un Français et l'autre Allemand (Münchener Hypothekenbank). Les deux banques belges Dexia et Axa Banqk Europe sont aussi concernées. En cumulé, tous ces établissements vont devoir trouver 25 milliards d'euros supplémentaires pour augmenter leurs fonds propres.

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Pour la banque Dexia, la situation est néanmoins particulière. Cet établissement est en effet voué à disparaitre : sauvé de la faillite à l'automne 2008, Dexia a été durement frappée par la crise de la dette, ce qui a rendu nécessaire un second sauvetage sur fonds publics en octobre 2011. La banque bénéficie depuis de garanties des Etats belge, français et luxembourgeois pour ses emprunts et est désormais gérée en extinction, c'est-à-dire qu'elle se contente de mener à leur terme ses engagements existants, sans en prendre de nouveaux.

Pas d'inquiétude pour les banques françaises. Toutes les grandes banques françaises ont réussi les "tests de résistance" et l'examen de la qualité de leurs actifs organisés par la Banque centrale européenne et l'Autorité bancaire européenne. Seule la Caisse de refinancement de l'habitat, un organisme de la place de Paris qui sert au refinancement sécurisé de crédits immobiliers résidentiels, a fait apparaître un déficit de fonds propres au 31 décembre 2013, qu'elle a comblé depuis par une augmentation de capital.

"Les résultats des banques françaises confirment la qualité de leurs actifs et leur capacité de résistance à des chocs sévères", peut-on lire dans un communiqué. "Dans le scénario le plus défavorable (adverse), les banques françaises ont passé avec succès le test et se comparent très favorablement avec leurs pairs européens", souligne la Banque de France.

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