Une cantate "perdue" de Mozart et Salieri retentit à Prague, 200 ans après

  • A
  • A
Une cantate "perdue" de Mozart et Salieri retentit à Prague, 200 ans après
@ Michal Cizek / AFP
Partagez sur :

La cantate signée Mozart et Salieri, découverte la semaine dernière au Musée de la musique à Prague, a été jouée mardi par le claveciniste Lukas Vendl.

Longtemps considérée comme perdue, et récemment découverte dans les collections du Musée de la musique à Prague, une cantate signée en commun par le compositeur autrichien Wolfgang Amadeus Mozart et le musicien italien Antonio Salieri a retenti mardi à Prague après plus de deux siècles.

Mozart et Salieri, amis ou ennemis ? Cette oeuvre datant de 1785 "constitue une clé pour une nouvelle compréhension de la relation entre Mozart et Salieri", a indiqué le musicologue et compositeur allemand Timo Jouko Herrmann, à qui revient le mérite de la découverte. Les deux compositeurs étaient des "collègues qui travaillaient ensemble", a insisté Timo Jouko Herrmann, alors qu'une funeste légende attribue à Salieri la responsabilité de la mort de "l'aimé de Dieu".

Une composition unique. La cantate Per la ricuperata salute di Offelia a été écrite en commun par Mozart, Salieri et un certain Cornetti, sur les paroles du librettiste Lorenzo Da Ponte, pour saluer le rétablissement de la soprano anglaise Nancy Storace (1765-1817). La composition, d'une durée d'environ quatre minutes, a été exécutée mardi par le claveciniste Lukas Vendl, lors de la présentation officielle de l'oeuvre, qui sera prochainement exposée au public. La partition se trouvait au Musée de la musique à Prague depuis les années 1950, mais n'avait pu être correctement identifiée. Elle l'est maintenant, grâce à de nouvelles technologies, et les noms cryptés des auteurs ont été déchiffrés. "C'est Timo Jouko Herrmann qui a déterminé le caractère unique de cette oeuvre", a indiqué le musée dans un communiqué.

Une légende.L'un des plus grands génies musicaux de tous les temps, Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), a séjourné à plusieurs reprises à Prague, les pays tchèques faisant à l'époque partie de l'empire autrichien. Le 29 octobre 1787, Prague a chaleureusement applaudi la première mondiale de son célèbre opéra Don Juan, dont le livret a été écrit par Lorenzo Da Ponte (1749-1838), poète et librettiste italien. Une rumeur, rejetée par les spécialistes, selon laquelle Salieri (1750-1825) aurait orchestré la mort de Mozart dont il jalousait le génie, est due à la nouvelle Mozart et Salieri du poète et romancier russe Alexandre Pouchkine (1799-1837). Elle a été reprise d'abord par le dramaturge anglais Peter Shaffer pour sa pièce Amadeus, puis par le réalisateur américain d'origine tchèque Milos Forman, pour son célèbre film portant le même titre.