L'écrivaine Alix de Saint-André raconte ses années sous Baclofène

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Sur Europe 1, l'écrivaine a décrit comment la prise de ce médicament, utilisé pour contrer l'addiction à l'alcool, l'a plongé dans un épisode psychotique.

INTERVIEW

Alix de Saint-André n'a pas utilisé le Baclofène pour stopper l'alcool, mais la cigarette. Une expérience amère, dont elle subit encore les effets aujourd'hui et qu'elle évoque dans son livre L'angoisse de la page folle. Dans Europe 1 social club, l'écrivaine est revenue sur cette période de sa vie.

"Pas plus d'effets secondaires qu'un verre d'eau". L'idée lui est venue en 2008, lorsqu'elle entend parler du docteur Olivier Ameisen. Le médecin a utilisé le Baclofène sur sa propre personne pour vaincre ses problèmes d'alcool, avec succès. L'écrivaine décide alors de tenter l'expérience pour contrer ses envies irrépressibles de cigarette. Mais rapidement, les effets secondaires se multiplient. Hallucinations, apparitions mystiques, l'écrivaine ne mange plus et oublie de dormir, mais rédige des dizaines et des dizaines de pages, notamment sur cette étrange expérience. "Au départ, le docteur Ameisen disait qu'il n'y avait pas plus d'effets secondaires qu'un verre d'eau", indique l'écrivaine.

La "psychose induite par la prise de Baclofène". A force d'avoir des hallucinations, Alix de Saint-André finit par entamer des recherches pour voir si ses visions ne sont pas dues à la prise du médicament. "J'ai fait moi-même mes recherches. (...) J'ai trouvé qu'il y avait un indien à qui il était arrivé la même chose qu'à moi", se remémore l'écrivaine. "Il a stoppé le Baclofène et le type a arrêté d'avoir des hallucinations", raconte Alix de Saint-André. Dans ce rapport sur le cas du patient, il est question de "psychose induite par la prise de Baclofène". Les visions d'Alix de Saint-André prennent alors un tout autre sens.

Aujourd'hui, Alix de Saint-André a évidemment stoppé la prise du médicament, qui lui a tout de même valu un séjour en maison de repos. Mais les effets du médicaments, eux, sont plus durs à se dissiper. "Retrouver le sommeil m'a pris sept ans", a ainsi confié l'écrivaine.