"Le féminisme de Beyoncé n’est pas le mien", déclare Chimamanda Adichie, inspiratrice d'une de ses chansons

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"Le féminisme de Beyoncé n’est pas le mien", déclare Chimamanda Adichie, inspiratrice d'une de ses chansons
L'auteure niégriane Chimamanda Ngozi Adichie se désolidarise du discours féministe de Beyoncé.@ AFP
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La célèbre auteure nigériane prend ses distances avec Beyoncé, qui a repris dans sa chanson "Flawless" des extraits d'un de ses discours féministes. 

À seulement 39 ans, la Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie est auteure de best-sellers comme Americanah (traduit en 30 langues). En 2013, son discours "We Should All Be Feminists", édité en français chez les éditions Folio, a été salué dans le monde entier, y compris par la chanteuse Beyoncé, qui en a repris des extraits dans sa chanson Flawless.  

Trois ans plus tard, l'auteure nigériane, qui avait jusqu'à présent refusé de s'exprimer sur cette collaboration avec Beyoncé, prend aujourd'hui ses distances avec la popstar dans un entretien au quotidien néerlandais Volkskrant. "Son féminisme n'est pas le mien", y explique-t-elle sobrement. 

"Pourquoi tout rapporter aux hommes ?" Dans Flawless, Beyoncé reprend un extrait de "We Should All Be Feminists" d'Adichie. Elle y déplore que les femmes soient davantage que les hommes conditionnées à aspirer au mariage dès leur enfance. En résumé, chante-t-elle, "est féministe, la personne qui croit en l'égalité des sexes sociale, politique, économique...".

Pour Adichie, "le féminisme de Beyoncé donne une trop large place à la nécessité d'avoir un homme à ses côtés". "Je les trouve charmants mais je doute que les femmes doivent tout rapporter à lui en se demander sans cesse : 'est-ce qu'il m'a fait mal ? Dois-je lui pardonner ? Va-t-il me passer la bague au doigt ?'", insiste-t-elle. 

"J’ai eu un vrai ressentiment". L'écrivain n'éprouve pas de rancœur à l'égard de Beyoncé qui a samplé avec son accord ses propres écrits, souligne Slate. En revanche, elle dit avoir été "choquée par le nombre de demandes d'interviews [qu'elle a] reçues quand le titre est sorti". "Tous les plus grands journaux du monde voulaient me faire parler de Beyoncé. J'ai eu un vrai ressentiment et j'ai pensé : 'les livres sont-ils si peu importants pour vous ?'", explique-t-elle. 

Au début du mois d'octobre, la maison de couture Dior a profité de la Paris Fashion Week pour mettre à l'honneur le fameux "We Should All Be Feminists" de Chimamanda Ngozi Adichie.