Kamel Daoud : "L'exploitation du fonds de commerce de la guerre d'Algérie doit cesser"

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L'écrivain algérien Kamel Daoud, invité de la matinale d'Europe 1 lundi, estime qu'il est temps de se consacrer aux relations présentes entre l'Algérie et la France.

INTERVIEW

Emmanuel Macron a-t-il eu raison de qualifier la colonisation en Algérie de "crime contre l'humanité" ? Pour Kamel Daoud, journaliste algérien et auteur de Meursault, contre-enquête (prix Goncourt du premier roman en 2015), cette déclaration a au moins le mérite de créer une rupture dans le discours habituel sur le sujet. "Je pense qu'il faut qu'il y ait quelqu'un qui tranche à un moment donné, qu'on avance dans le présent pour construire le futur", plaide-t-il.

"Faire oeuvre positive dans le présent". Pour Kamel Daoud, qui publie Mes indépendances (Actes sud)un recueil de ses chroniques au Quotidien d’Oran, il ne s'agit pas de "ressasser" l'histoire. "Je suis partisan qu'on arrête. J'ai assez payé de ma vie sur cette histoire", assure le journaliste, qui est notamment la cible d'une fatwa. "Je pense que la France a le droit de faire oeuvre positive dans le présent, au lieu de chercher combien elle a fait de routes en Algérie par le passé", explique l'auteur. "L'exploitation du fonds de commerce de la guerre de libération en Algérie doit cesser, ici et en Algérie, parce qu'on est fatigués", plaide-t-il.

"Il est osé de demander des excuses à la France". Dans une de ses chroniques, "Peut-on encore oser demander des excuses à la France", l'écrivain dénonce notamment une forme "d'hypocrisie" de l'Algérie vis-à-vis de la France. "Quand on a des gens qui viennent chez vous, qui s'installent, qui se soignent, qui ont des biens, je trouve quand même assez osé de réclamer des excuses à la France", avance Kamel Daoud, ciblant les élites algériennes, qui viennent en France et ne font pas confiance aux structures de leur pays.