Jean-Marie Bigard : "Le plus simple est de pardonner"

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L'humoriste est de retour sur scène pour un dixième spectacle, où il incarne... une femme. Invité samedi sur Europe 1 pour l'occasion, il s'est aussi confié sur des moments très douloureux de sa jeunesse.

INTERVIEW

Jean-Marie Bigard est de sexe féminin, du moins dans son nouveau spectacle, Nous les femmes. En pleine tournée de plus de 300 dates, il était l'invité samedi d'Il n'y a pas qu'une vie dans la vie. L'humoriste au grand cœur sous ses airs machos s'est confié sur des moments très difficiles de son existence au micro d'Isabelle Morizet.

Une succession de catastrophes. En à peine trois ans, à la vingtaine, le comédien a perdu sa mère, emportée par un cancer. Peu de temps après, son père a été assassiné de plusieurs coups de couteau et achevé à coup de carabine par un bûcheron, un sombre fait divers sur fond de jalousie amoureuse. En plus de la perte de ses parents, il a dû aussi faire face au décès de son meilleur ami, victime d’une crise cardiaque, et à l'incendie de sa maison. Un enfer que le comédien a pourtant réussi à surmonter. "Ma croyance, comme je suis un croyant invétéré, est que si on me propose un obstacle, c’est que je suis digne de le franchir."

Sans rancœur . Jean-Marie Bigard a même pardonné à l’assassin de son père. En sanglots et d'une voix hésitante, il explique sa philosophie : "Le plus simple est de pardonner. Le plus dur, de conserver de la rancœur. J’ai un maître indien que je lis et relis, qui dit : 'ne ramassez les cailloux qui vous ont fait trébucher parce que votre sac va devenir trop lourd'." Après cette longue période de drames, le comédien a pris le contre-pied de la noirceur en empruntant le chemin du rire. Il quitte sa ville, Troyes, et tente de se lancer dans la capitale. Mais les débuts s'avèrent difficile. Alors qu'il espérait se faire remarquer par Philippe Bouvard, l'animateur refuse pendant longtemps ses sketchs. Quand il en accepte un, Jean-Marie Bigard se retrouve caché sous une couverture et on ne le présente même pas.

"Ceux qui ne s'arrêtent jamais". L'humoriste persévère et met en pratique sa devise : "Ce ne sont ni les plus grands, ni les plus forts qui gagnent, ce sont ceux qui ne s’arrêtent jamais." Il finit par éclore au Point-Virgule, rencontrant au passage Chantal Ladesou, Pierre Palmade et son acolyte Laurent Baffie. "Maintenant, je suis partout chez moi à Paris."