Eddy Mitchell : "Je ne veux plus faire des tournées de 90 dates"

  • A
  • A
Partagez sur :

Après sa tournée avec son big band l'an dernier, le chanteur revient en 2017 avec Jacques Dutronc et Johnny Hallyday. Pour le "Europe 1 Music Club", il a détaillé sa façon de travailler et ses envies futures.

INTERVIEW

Le trac ? Il l'a toujours, un peu. Mais Eddy Michell a une technique pour y résister : arriver au dernier moment. "J’enfile le costume, on me maquille, on me coiffe, boum, je suis sur scène. Je suis contre – enfin les gens font ce qu’ils veulent - mais je n’ai jamais compris une chanteuse comme Barbara qui, pendant deux heures, faisait du tricot dans sa loge."

Invité du Europe 1 Music Club, le crooner a dévoilé ses trucs et les détails qui font sa façon de travailler à l'occasion de la sortie du double CD et du DVD de son concert avec big band qui a été enregistré au Palais des Sports le 1er avril dernier.

Des bêtises entre les titres. Pour le big band, le plaisir est simple, confesse-t-il. "Il faut un orchestre qui pète. Nat King Cole a été l'un des premiers à avoir dit à ses arrangeurs de laisser des espaces aux musiciens" et aux chanteurs par intervalle. "Cela demande des arrangements précis." Son répertoire aussi a été passé au crible pour s’adapter à un orchestre XXL. "Par exemple, Un portrait de Norman Rockwell avec un big band, ça serait sirupeux, joli, mais on s’endormirait, faut pas le faire", dicte-t-il, catégorique. Dans le jeu de scène aussi, Eddy Mitchell a pensé les pauses. Il raconte des bêtises entre les titres, des trucs qu'il "teste un peu sur les musiciens, ça fait partie du jeu. Si vous dites une bêtise, les gens marchent, ils aiment ça." 

Entendu sur Europe 1
Je n’ai pas envie d’être dans "Les visiteurs 12" ou "Camping 4", ça restreint un peu le choix.

"La scène, c’est l’aboutissement", mais il ne boude pas pour autant le travail de studio, même s'il n'y va qu'au pied du mur : il n’écrit pas tant qu'il n’a pas de nouvelles dates de studio. Parfois, il s'y passe aussi des petits miracles. Le chanteur se souvient de la chanson Nashville ou Belleville, qu’il allait abandonner parce que son arrangement très jazzy ne collait pas. A la pause déjeuner, le musicien américain Charly McKCoy reste. Quand le groupe revient, il a trouvé le bon riff de guitare et par la même une nouvelle vie pour le titre.

"A chaque sortie, on a un truc à prouver". Pour quatorze dates cette année, il retrouvera les Vieilles canailles, Dutronc et Johnny. En 2015, il avait fait ses adieux. Aujourd'hui, il n'en parle plus mais l'affirme : "Je ne veux plus faire des tournées de 90 dates. J’en ai marre de la salade gourmande à 1h dans le hall de l’hôtel. Je n’ai pas envie de voir NRJ12 à la télé à 2h du mat."

Quand au cinéma, il ne ferme pas la porte mais se désole de voir que les films qui marchent entrent dans la catégorie "grosse comédie. Je n’ai pas envie d’être dans "Les visiteurs 12" ou "Camping 4", ça restreint un peu le choix", souffle-t-il. Mais rien n'est jamais joué selon lui, et notamment pour les nouveaux disques. "A chaque sortie, on a un truc à prouver, pour savoir si on existe toujours. On n’est pas à la merci d’un échec, on a bien des succès, on a bien droit aux échecs aussi."