SÉRIE - France-Portugal, inséparables adversaires, épisode 2 : la folie de 2000

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henry france euro 2000
L'attaquant français Thierry Henry avait égalisé en demi-finale face au Portugal à l'Euro 2000. © PATRICK HERTZOG / AFP
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La France affronte le Portugal mercredi soir pour la dernière journée de la phase de groupes de l'Euro 2020. A l'occasion de ce match décisif, Europe 1 revient sur les rencontres entre ces deux nations en championnat d'Europe. Deuxième épisode : la folie de la demi-finale de l'Euro 2000, remportée par les Bleus en prolongation (2-1).

C'est une équipe de France auréolée d'une première étoile en Coupe du monde qui se présente dans le dernier carré de l'Euro 2000. La génération dorée des Zinédine Zidane, Didier Deschamps ou encore Fabien Barthez est redoutée par l'Europe entière. Malgré une défaite contre les Pays-Bas, le coorganisateur de l'édition avec la Belgique, lors de la phase de groupes (3-2), les Bleus se hissent une nouvelle fois en demi-finale d'une compétition majeure. Et c'est le Portugal qui se dresse sur leur chemin le mercredi 28 juin 2000, comme seize ans plus tôt.

Le stade du Roi Bauduin de Bruxelles est plein à craquer pour la revanche entre les deux nations. Les 50.000 spectateurs assistent à une nouvelle partie d'anthologie entre la France et le Portugal, marquée par la victoire des Bleus en prolongation grâce au but en or sur penalty de Zinédine Zidane (2-1 a.p.). Europe 1 vous propose de retracer ce match à l'occasion de l'opposition entre la France et le Portugal mercredi soir à Budapest (21 heures) en clôture de la phase de groupes de l'Euro 2020. Un match décisif, une nouvelle fois.

Le coup de génie de Nuno Gomez

L'équipe de France affirme son statut de favori en se présentant en demi-finale de l'Euro 2000. Les champions du monde de 1998 sont de nouveau sur la pelouse, avec pour seul changement l'arrivée du jeune attaquant Nicolas Anelka. La sélection de Roger Lemerre, qui a pris la suite d'Aimé Jacquet, fait figure d'épouvantail quelque peu à l'inverse du Portugal, invité surprise du dernier carré de la compétition. La Seleção das quinas a pourtant brillé en phase de groupes en s'imposant contre deux favoris, l'Angleterre (3-2) et l'Allemagne (3-0). Elle compte surtout dans ses rangs le futur Ballon d'or de la même année, le milieu de terrain Luis Figo.

Mais c'est l'attaquant du Benfica Lisbonne, Nuno Gomez, qui prend de court l'équipe de France en début de partie. Sur une petite remise plein axe, le Portugais frappe en pivotant devant la surface de réparation et surprend Fabien Barthez sur sa droite (0-1). Coup de tonnerre à Bruxelles.

Le jeu collectif des Bleus reprend tout de même et au bout d'un beau mouvement initié par Zinédine Zidane, le tir lointain de Thierry Henry côté droit retombe juste au-dessus des buts portugais. A la mi-temps, la France championne du monde est en passe d'être éliminée.

Nouvelle prolongation, et une faute de main mythique

C'était sans compter sur une reprise tambour battant des Bleus. A la 51e minute, Lilian Thuram décale sur le flanc droit Nicolas Anelka qui passe en retrait pour Thierry Henry dans la surface de réparation. L'attaquant d'Arsenal contrôle le ballon et parvient à tromper le gardien portugais d'un tir croisé à ras de terre (1-1). Les Bleus respirent, les cartes sont remises à plat. 

L'équipe de France semble alors plus sûr d'elle, mais les Portugais réagissent en fin de rencontre. Sur un coup franc de Luis Figo, une déviation de la tête du défenseur portugais Abel Xavier oblige Fabien Barthez à réaliser un arrêt exceptionnel sur sa ligne. Les deux équipes n'arrivent pas à se départager, comme en demi-finale de l'Euro 1984 déjà remportée par la France (3-2 a.p.).

Nouvelle prolongation donc, à une différence près et de taille : l'application de la règle du but en or, instaurée en 1996 (puis supprimée en 2003), qui déclare vainqueur la première équipe qui marque un but dans ce temps supplémentaire. Alors que l'on se dirige vers les tirs au but, David Trézéguet manque son face à face avec le gardien, avant que Sylvain Wiltord ne reprenne le ballon et tente sa chance dans un angle fermé. Les deux joueurs réclament une faute de main à l'arbitre, qui estime effectivement que le défenseur Abel Xavier a détourné le ballon de façon illicite. Penalty logique à trois minutes de la fin, et impeccablement tiré par Zinédine Zidane dans la lucarne gauche. La folie s'empare des joueurs français qui célèbrent une deuxième accession de suite en finale d'une compétition majeure.

Une finale que l'équipe de France va remporter, encore une fois grâce à un but en or signé David Trezeguet contre l'Italie (2-1 a.p.), et ainsi devenir la première nation à réaliser le doublé Coupe du monde-Euro d'affilé. Pour les Bleus, s'imposer contre le Portugal est un bon signe, à l'image de leur victoire à l'Euro 1984. La Seleção das quinas aura l'occasion de prendre sa plus belle revanche, seize ans après en 2016, en finale de l'Euro au Stade de France. Mais ça, c'est une autre histoire.

Europe 1
Par Gauthier Delomez