Ligue des champions : l’immense défi de Manchester City contre Liverpool

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A l'aller, Manchester City a été sèchement battu par Liverpool. © PAUL ELLIS / AFP
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Les Citizens, battus 3 à 0 à l’aller, sont dans l’obligation de réaliser un exploit pour se qualifier en demi-finales. Ils en sont capables.

Le FC Barcelone l’a prouvé l’an dernier face au PSG : rien n’est impossible en Ligue des champions. Manchester City, lourdement défait à Liverpool (3-0) la semaine dernière en quart de finale aller, va devoir à son tour réussir une "remontada" pour intégrer le dernier carré. Mais pour imiter les Barcelonais, les hommes de Pep Guardiola, larges leaders et proches du sacre en Premier League, devront renverser une situation bien compromise, mardi soir lors du quart de finale retour (20h45, à suivre en direct sur Europe1.fr).

Les statistiques ne plaident pourtant pas pour les Citizens : seules 7 des 126 équipes à avoir perdu 3-0 à l’extérieur dans l’histoire de la Ligue des champions se sont qualifiées pour le tour suivant. Pour devenir la huitième à réaliser pareil exploit, Manchester City devra réunir tous les ingrédients du match parfait.

Oublier leurs récentes déconvenues. Les Mancuniens n’abordent pas ce quart de finale retour dans les meilleures dispositions. Après la claque à Liverpool, City a subi une nouvelle déconvenue en s’inclinant à domicile dans le derby de Manchester, contre United (3-2), dimanche. Les Citizens, qui menaient 2 à 0, ont non seulement perdu, mais ils ont surtout laissé échapper l’occasion rêvée d’être sacrés champions d’Angleterre contre leurs grand rivaux.

"C'était une semaine difficile pour nous avec deux défaites, mais c'est déjà du passé. Nous nous concentrons sur le match retour contre Liverpool et la seule façon de jouer un bon football, c'est d'être positif", a assuré Pep Guardiola, interrogé en conférence de presse. Malgré cette méthode Coué, Manchester City inquiète particulièrement sur le plan défensif, après avoir pris six buts en deux rencontres. "On se pose des questions sur leur solidité défensive. Ce n’est pas le meilleur moyen pour se rassurer", analyse notre consultant Raymond Domenech.

Répondre à la furia des Reds. Contre Liverpool, à l’aller, les Citizens avaient été particulièrement dépassés en première période, victimes de l’engagement et de la furia offensive de Liverpool. Une contre-performance inattendue, alors que Manchester City a survolé la saison de Premier League (84 pts, soit 13 d’avance sur United, deuxième) et a même humilié les Reds au match aller en championnat (5-0).

En une semaine, la machine parfaitement huilée par Guardiola a pourtant déraillé. "C’est un peu le problème de ces équipes qui aiment construire le jeu. Quand des équipes les agressent dans le combat et mettent de la vitesse, elles peuvent être en difficulté", estime Raymond Domenech. "Guardiola doit faire en sorte que ses joueurs acceptent le combat. Est-ce dans la nature de ses équipes ? Je n’en suis pas sûr", se demande l’ancien sélectionneur des Bleus. L’entraîneur catalan lui-même a d’ailleurs mis la pression à ses joueurs. "Si nous ne sommes pas capables d'y faire face psychologiquement, ce sera une bonne leçon pour l'avenir. C'est un test".

Compter (enfin) sur leurs supporters. Ce quart de finale retour a valeur de test pour tout le projet de ce Manchester City financé par leurs richissimes propriétaires d’Abu Dhabi, couronnés de succès en Premier League (2012, 2014) mais toujours à la recherche d’un exploit européen. Le palmarès des Citizens, demi-finalistes en 2016 et vainqueurs de la défunte Coupe d'Europe des vainqueurs de Coupes (1970), pèse en effet bien peu par rapport aux cinq Ligue des champions de Liverpool.

Les supporters des Citizens, moqués en Angleterre pour leur manque de ferveur, sont eux aussi attendus au tournant. Car l’Etihad Stadium, le stade de City, n’a jamais semblé transporter par les soirées européennes. Il n’est ainsi par rare de voir de nombreux sièges vides lors des rencontres du premier tour de Ligue des champions, une incongruité pour les clubs anglais. Mardi soir, l’Etihad Stadium sera assurément plein à craquer. Mais l’ambiance sera-t-elle à la hauteur de l’enjeu ? Ce serait, déjà, un bel exploit pour Manchester City.