ÉDITO - Dopage : "Les fautifs de plus en plus rattrapés par la patrouille ? Une bonne nouvelle"

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L’athlète française Ophélie Claude-Boxberger a été contrôlé positif à l'EPO le 18 septembre dernier. Face à la multiplication des affaires de dopage, notre éditorialiste Virginie Phulpin évoque "l'importance de détecter les tricheurs et de les punir plus durement." 
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>> L'athlétisme français doit faire face à des nombreux cas de dopage. Après Clémence Calvin en avril, c'est Ophélie Claude-Boxberger qui a subi un contrôle positif, en septembre dernier, à l'EPO. Star de l'athlétisme en France, Kevin Mayer a déclaré : "c'est très bien qu'il y ait une hécatombe". Notre éditorialiste Virginie Phulpin met en avant le travail de l'Agence française de lutte contre le dopage

"Les affaires de dopage se multiplient dans l’athlétisme français. Et c’est une bonne nouvelle. Pas le dopage, je vous rassure. Mais le fait que les fautifs soient de plus en plus souvent rattrapés par la patrouille. C’est Kevin Mayer, le champion du décathlon, qui dit même qu’il espère une hécatombe. Il a raison. Quand on court proprement, c’est insupportable d’être sans arrêt soupçonné parce que d’autres commettent des fautes. Donc forcément il a envie que les tricheurs tombent tous. Je comprends sa réaction épidermique. 

Quand on sait tricher, on sait aussi mentir

Alors là, on a appris le contrôle positif à l’EPO d’Ophélie Claude-Boxberger. Le contrôle a eu lieu en septembre, elle a été entendue par l’Agence française de lutte contre le dopage au début de la semaine. Et entre temps, la spécialiste du 3000 steeple a participé sans succès aux Mondiaux de Doha. Une athlète raconte que dans l’avion pour ces championnats du monde, elle a bavardé avec elle sur l’alimentation pour être au meilleur de sa forme. Pas mal comme dissimulation. Oui, quand on sait tricher, on sait aussi mentir. 

Mais l’Agence française de lutte contre le dopage fait son travail, et elle le fait bien. Ça doit nous réjouir de voir ces coureurs tomber, ça prouve que la lutte est sérieuse. Nous en France, on fait le boulot, mais ailleurs, comment ça se passe ? C’est la défense de la Fédération française d’athlétisme. D’accord, c’est vrai que la lutte contre le dopage est menée beaucoup plus sérieusement en France que dans d’autres pays. Mais c’est insuffisant comme défense. Maintenant, la Fédération va devoir faire le ménage. 

 Il y a un gros malaise avec cette nouvelle affaire, car l’athlète incriminée est en couple avec un médecin de la Fédération

La relation entre Ophélie Claude-Boxberger et le docteur Michel Serra est longtemps restée secrète. Mais elle a été officialisée. Ça rend troublant le fait que ce médecin de la Fédération ait envoyé un mail à l’Agence française de lutte contre le dopage il y a un an. Pour lui demander de réduire les contrôles sur sa compagne parce que ça avait des répercussions sur sa santé. On croit rêver.

Pour l’instant, ce médecin est encore salarié de la Fédération, il a juste eu droit à un blâme… D’accord, il est parti précipitamment des Mondiaux de Doha, et depuis il est en arrêt maladie. Ça a plutôt tendance à renforcer les soupçons, non ? Donc il faut que la Fédération agisse, se réorganise et se sépare des fautifs. On prépare les JO de Paris en faisant bien attention à ce que tous les partenaires commerciaux soient propres. Il faudrait peut-être que les athlètes le soient aussi."

Europe 1
Par Par Virginie Phulpin, édité par François Dujarrier