Dans une vidéo poignante, Michael Jérémiasz met à mal les clichés sur le sport paralympique

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Les Jeux Olympiques 2024 se dérouleront à Paris. Suite à une vidéo créée par Michael Jérémiasz, l'ancien champion de tennis, mettant en avant le quotidien d'un sportif paralympique, notre éditorialiste Virginie Phulpin rappelle l'importance "de mettre fin à l'invisibilité des athlètes paralympiques".
EDITO

>> Trop souvent dans l'ombre, mais surtout à des années lumières en terme de médiatisation des sportifs "valides", le sport paralympique peine à se faire une place dans l'esprit du grand public. A l'approche des Jeux Olympiques 2024 à Paris, l'éditorialiste sport d'Europe 1 Virginie Phulpin estime que le regarde sur les sportifs paralympiques doit changer. 

"Et si on mettait fin à l’invisibilité des athlètes paralympiques ? Le handicap concerne 12 millions de personnes en France. Et pourtant on ne les voit pas. Les sportifs guère plus que les autres, on ne peut pas dire qu’ils envahissent nos écrans. Heureusement, Michael Jérémiasz, l’ancien champion de tennis fauteuil, a créé une société de production parce qu’il veut faire avancer les choses. Et cette semaine, il a sorti une vidéo vraiment très bien faite qui nous interpelle. Elle s’appelle 'N’ayez pas peur', et elle met tout le monde en face de ses contradictions. 

Il nous emmène sur les courts de son tournoi, le French Riviera Open. Et sa voix nous fait rentrer dans la peau des sportifs paralympiques, pour qu’on se rende bien compte de leur quotidien. 'Ils commencent toujours par nous dire que tout est impossible'. Il y a tout un jeu entre les images où on voit les sportifs aller au bout d’eux-même et le public qui suit les matches avec passion, et puis la voix de Michael Jérémiasz qui ironise sur les clichés dont on affuble les athlètes paralympiques : 'Ils pensent que nous sommes seuls, que personne ne s’intéresse à nous'.

Il me l’a dit, Michael Jérémiasz, il voulait provoquer un peu, parce qu’il sait que c’est comme ça qu’il pourra obtenir une audience. 'Eh bien montrons-leur à quel point nous sommes des monstres'. Oui, des monstres de volonté, de mental, de technique. Des sportifs de haut niveau, quoi. Allez la regarder, cette vidéo, je peux vous dire que votre regard changera en 2 minutes. Serena Williams par exemple, l’a partagée sur les réseaux sociaux. A priori elle connaît deux ou trois trucs sur le tennis.

Paris 2024, c’est l’occasion de faire évoluer la place du handicap dans la société

Les athlètes paralympiques viennent aussi de publier un Manifeste pour Paris 2024. 'Nous sommes des athlètes paralympiques et nous refusons d’être réduits à nos seules incapacités'. On ne peut qu’adhérer à leur demande. Regardons-les comme des sportifs. Point. Le handicap, c’est encore aujourd’hui une des causes majeures de discrimination. Michael Jérémiasz me l’a répété hier. A chaque élection présidentielle en France, on nous dit que le handicap sera une priorité. Et puis les présidents passent, et les actes se font attendre. 

Paris 2024, c’est l’occasion de faire évoluer la place du handicap dans la société. C’est aussi pour ça que c’est une chance, une vraie, d’avoir les jeux à Paris. N’en déplaise aux grincheux. Pour que les jeux ne soient pas juste un été de sport qu’on oublie dès la rentrée, mais qu’ils laissent une trace indélébile. Alors, on s’y met ? N’ayez pas peur !"

Europe 1
Par Virginie Phulpin