Les enfants de féminicides mal pris en charge : "On demande au gouvernement des mesures immédiates"

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Alors que le Grenelle contre les violences conjugales s'achève lundi, Sandrine Bouchait, présidente de l'Union nationale des familles de féminicides, pointe le manque d’accompagnement auquel font pour l'instant face les familles, et notamment les enfants des victimes. 
INTERVIEW

"Ça suffit le bla-bla, il faut des actions." Le Grenelle contre les violences conjugales s'achève lundi, après trois mois de débats et des dizaines de milliers de personnes dans les rues de France, samedi. Edouard Philippe doit annoncer dans la matinée une cinquantaine de mesures, dont la création de centres de prises en charge pour les agresseurs, la saisie d'éventuelles armes à feu des conjoints violents ou la mise en place d'un numéro d'urgence, le 3919, qui fonctionnera désormais 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Les conjoints violents pourraient aussi se voir retirer leur autorité parentale, une mesure encore trop rare selon les associations en faveur des enfants et des proches des victimes de ces drames. "Ca suffit le bla-bla, maintenant il faut des actions. Et nous, en tant qu'association de familles de victime de féminicide, on demande au gouvernement des mesures efficaces et surtout immédiates", demande Sandrine Bouchait, présidente de l'Union nationale des familles de féminicides, au micro d'Europe 1.

"Aucun accompagnement"

L'association plaide en faveur d'un meilleur accompagnement des familles des victimes, qu'elle estime quasi inexistant aujourd'hui. "On m'a annoncé la mort de ma sœur, je n'ai eu aucun accompagnement. J'ai recueilli ma nièce qui a assisté au meurtre de sa maman. On ne m'a pas non plus proposé d’accompagnement psychologique pour elle, qui avait 7 ans à l'époque", poursuit Sandrine Bouchait. A Edouard Philippe, elle réclame des solutions "concrètes" pour aider les familles, et surtout les enfants. "Ce serait bien que le gouvernement nous prenne aussi en considération."

Europe 1
Par Matthieu Bock, édité par Laetitia Drevet