VIDÉO - En pleine canicule, des détenus dénoncent leurs conditions d’incarcération

prison Villepinte
Des détenus de la prison de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, dénoncent leurs conditions de détention. © PHILIPPE LOPEZ / AFP
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Salomé Legrand, édité par Margaux Baralon , modifié à
Europe 1 s'est procuré une vidéo, tournée vendredi dans une cellule du bâtiment A de la maison d'arrêt de Villepinte en Seine-Saint-Denis. Les détenus y dénoncent leurs conditions d'incarcération, à quatre dans 9m2 sans fenêtre, en pleine canicule.

Ils ont bien conscience qu'ils risquent des sanctions, notamment pour la détention illégale d'un téléphone portable, mais leurs conditions sont si insupportables qu'ils ont décidé d'en assumer les conséquences. Un détenu de la maison d'arrêt de Villepinte a fait sortir, par le biais de sa famille, une vidéo d'un peu plus d'une minute, tournée vendredi 27 juillet dans la soirée dans sa cellule. 

"Les surveillants ne veulent pas venir". "Ça fait deux heures qu'on appelle les surveillants, ils veulent pas venir", explique le détenu en filmant le bouton d'appel qui clignote rouge sans réponse. La cellule est sans dessus dessous après, dit-il, un passage vers 20h30 de surveillants, probablement une fouille inopinée. Si ce genre de contrôle est fréquent, le détenu affirme que cette fois-ci, tout a été cassé, de leur plaque de cuisson à la chaîne hi-fi qu'ils avaient "cantinée", c'est-à-dire achetée eux-mêmes, en passant par le frigo.

"C’est irrespirable". Mais surtout, leurs petits ventilateurs gisent au sol, eux aussi cassés. "C’est irrespirable", dénonce un codétenu tandis que celui qui filme montre un à un les trois autres occupants d’une cellule prévue pour une personne de moins. "C'est inadmissible", abonde un autre. À l'image, on voit le détenu montrer le plexiglas scellé avec des vis en guise de fenêtre empêchant toute ouverture ou aération, malgré la canicule. "Il fait 50 degrés, on peut plus respirer !" s’emportent les détenus qui implorent : "Si vous pouvez faire quelque chose, faites-le." 

Accusations "mensongères". Contactée par Europe 1, l’administration pénitentiaire explique avoir dû poser du plexiglas sur cette fenêtre, cassée pour éviter des infiltrations après un orage de grêle et reconnaît que cela a engendré une hausse importante de la température dans la cellule. Et de préciser que, dans tout le reste du bâtiment, les fenêtres s’ouvrent. La direction devait changer ces détenus de cellule samedi en fin de journée en attendant les réparations prévues lundi. Par ailleurs, d’après la direction de la prison qui a enquêté et visité la cellule, les accusations affirmant que les surveillants "avaient tout cassé" sont "tout à fait mensongères, et auront une suite disciplinaire, au-delà de la détention de portable et la diffusion de vidéo".