"Un viol de la démocratie" : le coup de gueule de Jean-Michel Aphatie contre les "gilets jaunes" qui profitent de la violence

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Malgré les mesures annoncées par le Premier ministre mardi, les "gilets jaunes" dans leur ensemble restent déterminés à manifester samedi. Pour Jean-Michel Aphatie, ils connaissent pourtant le risque de violences qui pourraient surgir.

EDITO

"Quand on écoute les réactions des 'gilets jaunes', l'instauration d'un moratoire sur la taxe carburants ne suffit visiblement pas. Ceux qui sont interrogés veulent aller manifester à Paris ou en province.

Mais mettez-vous dans la tête des 'gilets jaunes'. Le Premier ministre a commencé à reculer hier. Ils se disent donc qu'il faut maintenir la pression, attraper quelque chose de plus, comme l'augmentation du smic ou la baisse des charges. Objectivement, Édouard Philippe a commis une erreur. Il parle de 'suspension' à propos des taxes sur l'essence, mais les gens ne sont pas fous. Si c'est suspendu, ça va revenir. Ce qu'ils veulent entendre, c'est 'annulation'.

Le Premier ministre a fait la moitié du chemin. En s'arrêtant au milieu, il incite les gens à aller manifester pour pousser Édouard Philippe à aller jusqu'au bout.

Entendu sur europe1 :
Emmanuel Macron se planque, et ça l'affaiblit

Emmanuel Macron aussi a fait une erreur, colossale, grossière. On a appris hier qu'il ne prendrait pas la parole avant samedi. Il donne alors un double effet : d'abord, il se planque, et ça l'affaiblit. Et puis, il n'est pas solidaire de son Premier ministre, ce qui affaiblit Édouard Philippe. Dans un contexte de crise tel qu'on le connaît, ce sont des erreurs psychologiques qui poussent les gens à aller manifester. Ils voient qu'Emmanuel Macron lui-même est hésitant.

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Dans ce contexte, il y aura probablement des manifestations. Elles s'organisent sur les réseaux sociaux, et les leaders appellent à ces manifestations. Là, il faut être sans complaisance avec les leaders des 'gilets jaunes', car ils savent, et nous savons tous, qu'il y aura des casseurs haineux, violents. On les a vus à l'œuvre samedi dernier. Les leaders savent que des 'gilets jaunes' se transforment en casseurs dans les manifestations.

Entendu sur europe1 :
Les responsables politiques, qui sont comme fascinés par la violence, peut-être parce qu'elle peut leur ouvrir les portes du pouvoir, sont complices de ce viol de la démocratie

Ceux qui appellent aux manifestations espèrent, attendent, et d'une certaine manière organisent la violence pour obtenir satisfaction, et que leurs revendications soient entendues par le pouvoir. Il faut dire les choses très simplement : ça, c'est un viol de la démocratie. Un syndicat ou une organisation se comporterait comme ça, on hurlerait. Là, on invite les leaders des 'gilets jaunes' sur les plateaux. Mais la casse, qu'est-ce qu'on en fait ? Les responsables politiques, qui sont d'une complaisance inouïe, qui sont comme fascinés par la violence, peut-être parce qu'elle peut leur ouvrir les portes du pouvoir, sont complices de ce viol. Ce qui est frappant dans la crise très profonde que nous vivons, c'est l'oubli des valeurs et des principes qui fondent nos libertés publiques. C'est ça le plus triste. Nous sommes en train de mettre par terre la démocratie.

Quand je n'entends pas des responsables politiques dire que le samedi qui se profile peut être une boucherie et qu'il faudrait que nous gardions tous la tête froide, je me dis qu'il y a des gens qui, pour le pouvoir, sont capables de tout marchander."