Un ex-professeur de maths condamné à deux ans pour apologie du terrorisme

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L'homme avait été incarcéré fin juillet. Image d'illustration.
L'homme avait été incarcéré fin juillet. Image d'illustration. © AFP
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Alors que les services de renseignement avaient signalé une possible radicalisation de l'individu, des centaines de fichiers de propagande djihadiste ont été retrouvés sur son ordinateur. 

Un ancien professeur de mathématiques qui avait enregistré sur son ordinateur plus de 1.000 photos et une centaine de fichiers audiovisuels de propagande djihadiste a été condamné mercredi à Grenoble  à deux ans de prison. Une peine inférieure aux réquisitions du procureur de la République qui réclamait quatre ans d'emprisonnement.

Cet homme de 53 ans, né au Maroc, restera en détention : il était incarcéré depuis son interpellation fin juillet à Fontaine, en Isère. Il comparaissait devant le tribunal correctionnel pour "apologie du terrorisme" et "diffusion de l'enregistrement d'images relatives à la commission d'une atteinte volontaire à l'intégrité de la personne".

Scènes de décapitation et livres de l'EI. Petit, courte barbe poivre et sel, lunettes rondes, ce père de trois enfants a longtemps enseigné en collège/lycée publics avant de contracter une poliomyélite.

Ce sont les services de renseignement qui ont signalé une possible radicalisation. Des centaines de fichiers ont été retrouvés sur son ordinateur. Cela allait de scènes de décapitation, à une vidéo sur la marche à suivre pour commettre un attentat en Europe ou des livres d'apprentissage des mathématiques édités par l'État islamique où les enfants sont invités à compter des bombes.

"Mes téléchargements étaient à titre informatif", se défend-il. Sur son compte Facebook - fermé depuis - le père de famille a partagé de nombreux contenus comme le serment d'allégeance à l'État islamique ou une citation encourageant les parents à dégoûter les enfants de fêtes de Noël ou du Nouvel An. Certains fichiers ont été téléchargés depuis l'organe de propagande de l'EI, Amaq, via la messagerie cryptée Telegram.

Mais pour lui, il s'agissait simplement d'assouvir sa "curiosité" : "mes téléchargements étaient à titre informatif". "Quand j'ai une armada occidentale (...) qui converge vers un seul point pour déloger un petit groupe d'hommes, il y a de quoi s'interroger", se justifie le prévenu. "J'ai fait le tour des médias classiques (...). On en a ras-le-bol; on va chercher l'info ailleurs".

Le prévenu avait déjà été condamné en 2016 pour violences à l'égard d'agents venus installer un compteur Linky chez lui.