Soupçonnée d'être une fausse victime des attentats du 13-Novembre, Alexandra D. est jugée mardi

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Alexandra D. s'était faite porte-parole des victimes des "terrasses" après les attentats du 13-Novembre à Paris, mais tout était faux. Elle va devoir s'expliquer mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, où elle est jugée pour escroquerie et faux témoignage.

Elle s'était fait tatouer la devise de Paris "Fluctuat nec mergitur" sur le bras, "tout près de [sa] cicatrice", disait-elle… Aux médias qui font son portrait quelques mois après les attaques du 13 novembre 2015, Alexandra D., 32 ans, raconte qu'elle se trouvait au Carillon, première terrasse visée par le commando terroriste. Elle y aurait été touchée au coude par une rafale de kalachnikov.

Soupçonnée d'être une fausse victime des attentats du 13-Novembre, Alexandra D. est jugée mardi

Interviewée par CNN au lendemain de l'attaque. Une couronne fleurie sur la tête, Alexandra D. se rend ensuite à toutes les cérémonies d'hommage, aime rencontrer les officiels, et pleure la disparition de deux amis, selon elle. Mais des incohérences dans son récit finissent par alerter les associations de victimes au sein desquelles elle s'active, devenue la porte-parole des "terrasses" parisiennes de "Life for Paris". Une enquête est alors ouverte. On retrouve même une interview que la jeune femme a accordée à CNN, le lendemain de l'attaque. Émue mais absolument pas blessée, la trentenaire explique alors qu'elle est une habituée du bar, mais qu'elle n'y était pas ce soir-là. 

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Faux témoignage et escroquerie. Après six mois d'enquête, la jeune femme est arrêtée en juin dernier. Elle est notamment soupçonnée d'avoir escroqué le Fonds de garantie des victimes à hauteur de 20.000 euros. Alexandra D. était en effet inscrite sur la "Liste unique des victimes" établie par le parquet, ce qui lui avait ouvert des droits à l'indemnisation. La jeune femme comparaît mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour escroquerie et faux témoignage.

Life for Paris et le FGTI se sont constitués parties civiles, comme l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT), qui reproche à Alexandra D. des faits d'escroquerie à son propre préjudice. Selon Guillaume Denoix de Saint Marc, directeur général de l'association, la jeune femme avait participé à un stage thérapeutique d'une semaine dans un hôtel en Normandie, organisé et financé par l'AFVT, "puis était restée en contact avec ce groupe en continuant à lui mentir".

Une quinzaine de personnes ont déjà été condamnées pour tentative d'escroquerie ou escroqueries liées aux attentats de 2015.

Europe 1
Par Salomé Legrand, édité par Anaïs Huet