Reprise de l'activité professionnelle : les salariés s'inquiètent, les entreprises tâtonnent

  • A
  • A
Entreprise reprise activité 1:01
Entreprises et salariés s'inquiètent des conditions de la reprise d'une activité professionnelle à partir du 11 mai. © AFP
Partagez sur :
Pour les salariés et les entreprises, les conditions de la reprise de l'activité restent floues. Gestes barrières, poursuite du télétravail, garde d'enfant, autant de questions qui suscitent des inquiétudes. D'autant que certaines entreprises n'imaginent pas un retour à la normal "avant octobre, novembre". 

Le déconfinement progressif à partir du 11 mai suscite questions et inquiétudes, notamment pour les travailleurs qui devront reprendre une activité professionnelle dans des conditions encore floues. Quant aux entreprises, dans l'attente de directives claires, elles tentent d'anticiper avec de nouvelles organisations basée sur le télétravail et les gestes barrières pour protéger les salariés du coronavirus

Marie, 45 ans, mère de deux enfants, est professeure de management et de gestion. Elle se demande comment elle va gérer la reprise en présentiel et sa vie familiale. "On va nous demander immédiatement d’être très présent sur nos lieux de travail et d’être aussi performant qu’on l’était avant", craint-elle.

"Une organisation du travail complètement inédite"

"Simplement tout va nous demander beaucoup plus d’énergie : le respect des gestes barrières, penser tout ce que l’on fait avec 10 ou 15 personnes dans la salle, il va falloir mélanger de la visioconférence et du présentiel", ajoute Marie. Du côté des employeurs, tout reste encore à définir. 

"Les entreprises vont entrer dans une sorte de tunnel de plusieurs mois d'une organisation du travail complètement inédite", explique Benoît Serre, vice-président de l’association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH). 

Le nombre de masques, les distributions de gel hydroalcoolique ou les mesures de sécurité sanitaire ne peuvent être appliquées pour toutes les entreprises de la même manière. "Quand vous avez une tour à la Défense, il est inimaginable de faire rentrer seulement 50% des gens parce que la queue devant les ascenseurs va durer des heures", souligne le vice-président. 

Un retour à la normal "en octobre, novembre"

Les entreprises planchent sur différentes catégories d'organisation : limiter l'accès aux locaux à un nombre fixe de salariés, étendre le nombre de salariés présents avec une équipe A et B ou encore prévoir un retour échelonné des effectifs. 

"On nous prévoit une rentrée échelonnée, j'ai une enfant qui est en seconde elle ne rentrera que trois semaines après la rentrée programmée et puis ils vont manifestement être accueillis en petits groupes. Cela veut dire en vérité que l'on va devoir continuer d'assumer l'école à la maison, tout en devant reprendre 100% de nos activités professionnelles, et ça je ne vois pas comment je vais pouvoir le faire", s'inquiète Marie. 

"Certaines entreprises envisagent un retour à la normale, sous réserve qu'il n'y ait pas d'autre confinement, au mois d’octobre, novembre", poursuit Benoît Serre, qui estime que ces nouvelles organisations perturberont l'organisation du management au sein des entreprises. "Il est assez probable que sous réserves de contraintes de production, au moins dans les activités tertiaires et les sièges sociaux, on assiste dans les mois qui viennent à une véritable transformation des modèles d'organisation du travail, de manière durable."

Europe 1
Par Mathilde Durand