Robert Barone était âgé de 6 ans au moment de la rafle. 1:51
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Nathalie Chevance, édité par Antoine Terrel , modifié à
Robert Barone faisait partie des milliers de Marseillais déportés dans des camps entre le 22 et le 24 janvier 1943. En compagnie d'autres rescapés, il a porté plainte et une enquête pour crime contre l'humanité vient d'être ouverte. 
TÉMOIGNAGE

Soixante-seize ans après, Robert Barone se bat pour qu'une page sombre de l'histoire de Marseille ne soit pas oubliée. Cet homme de 83 ans fait partie des rescapés de la "rafle de Marseille", pendant laquelle des milliers de personnes avaient été transférées vers le camp de Fréjus ou vers des camps de concentration, entre le 22 et le 24 janvier 1943. Alors qu'il a porté plainte avec d'autres survivants, une enquête pour crime contre l'humanité a été ouverte pour tenter de retrouver d'éventuels responsables. Au micro d'Europe 1, l'octogénaire se souvient de la matinée de son arrestation.

"Ça fait partie de l'histoire de Marseille" 

"Comme tous les jours, on se lève pour aller à l'école. On entend un bruit sourd dans le couloir. On tape à la porte, et on évacue sans savoir pourquoi", raconte Robert Barone, qui était alors âgé de 6 ans. "On est descendus dans le Vieux-Port et on a été embarqués dans des trains à bestiaux pour Fréjus."

À son retour, la famille de Robert n'avait plus rien. "On a tout laissé dans l'appartement. Quand on est revenus de Fréjus, on nous avait tout volé", se remémore-t-il. En effet, entre temps, le régime de Vichy avait décidé de détruire "1.500 immeubles". "(Heinrich) Himmler (chef de la gestapo, ndlr) avait dit de détruire les vieux quartiers avec les gens dedans. Beaucoup de juifs venaient à Marseille pour se cacher", raconte encore Robert Barone. Et de préciser : "Plus de 3.000 personnes parties en Allemagne ne sont pas revenues." 

Aujourd'hui, Robert Barone demande "une reconnaissance" de cet épisode, et que "dans les livres d'histoire, on marque qu'on a été évacués et volés". "Ça fait partie de l'histoire de Marseille", conclut-il. Pour l'heure, la détermination de Robert et des autres rescapés a fini par payer : une enquête a été ouverte pour crime contre l’humanité le 29 mai dernier par le parquet de Paris. Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (Oclch), précise Nice-Matin