Quand le procureur de Paris en personne requiert aux comparutions immédiates

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Pour soulager ses collègues en cette période estivale, le procureur de Paris Rémy Heitz a requis lui-même durant toute une audience de comparutions immédiates, mercredi dernier au TGI de Paris. Et jusque tard dans la nuit…

La scène est suffisamment rare pour alimenter les discussions dans les couloirs du Tribunal de grande instance de Paris. Mercredi 24 juillet, le procureur de Paris, Rémy Heitz, a requis en personne tout au long d’une audience de comparutions immédiates, devant la 23e chambre correctionnelle.

Des comparutions immédiates "classiques"

Enfilant la robe pour compléter les plannings estivaux, le successeur de François Molins a vu passer tout le panel habituel de la justice d’urgence, dans une audience qui a duré jusqu’à un peu plus de minuit : treize dossiers, depuis le refus d’obtempérer jusqu’au vol en récidive en passant par les très classiques violences, dégradations et bien sûr, le trafic de stupéfiants.

L'initiative a en tout cas été saluée par les parquetiers : "Nous avons beaucoup apprécié de le voir au charbon comme on fait tous les jours", confie un magistrat à Europe 1.

"Mais tu as vu qui plaide ?!"

Surprise également du côté des avocats de la défense à l’audience. Si l’un nous a confié avoir été "exaspéré par cette mascarade", considérant "qu’on a vraiment besoin du procureur de Paris ailleurs que devant des SDF", Me Solène Debarre, également commise d’office ce soir-là, a trouvé l’audience "intéressante". "J’avais vu les décorations, l’Ordre du Mérite et la Légion d’honneur sans y prêter plus attention", raconte à Europe 1 l’avocate, "et c’est un confrère qui m’a dit 'mais tu as vu qui plaide ?!' C’est Rémy Heitz !"

Des réquisitions très détaillées

Face à un homme cleptomane accusé du vol d’un sac à dos à Montmartre comme face à un autre reconnaissant à la barre consommer "neuf bouteilles d’alcool" par jour, Me Debarre a trouvé le procureur de Paris "très classique" dans ses réquisitions, "plutôt lourdes comme en comparution immédiate". "Il surprenait par sa douceur, c’est bizarre à dire… Mais il prenait vraiment en compte la personnalité du mis en cause, et le temps de motiver la peine qu’il requérait", ajoute l’avocate. L’audience s’est terminée peu après minuit.

Europe 1
Par Salomé Legrand