Propos sur l'IVG : le pape a voulu lancer "une sorte d'alerte", selon le prêtre Laurent Stralla-Bourdillon

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Le prêtre Laurent Stalla-Bourdillon a tenu sur Europe 1 à "resituer le contexte" de la prise de parole du pape François, qui a comparé mercredi l'IVG au recours à un "tueur à gages".

INTERVIEW

C'est une image qui fait beaucoup réagir. Lors de sa traditionnelle audience sur la place Saint-Pierre, le pape François a comparé mercredi dans son homélie l'interruption volontaire de grossesse au recours à "un tueur à gages". "On comprend très bien l'impression de choc de l'emploi de cette image", a réagi le prêtre Laurent Stalla-Bourdillon, ancien aumônier des parlementaires, au micro de Matthieu Belliard, mercredi soir, sur Europe 1. "Cette phrase, quand elle est sortie de son contexte, évidemment heurte", reconnaît-il.

Le pape a comparé l'avortement au recours à un "tueur à gages" :

"Resituer le contexte de cette prise de parole". Laurent Stalla-Bourdillon appelle toutefois à "resituer le contexte de cette prise de parole du pape". "Tous les mercredis matin", il y a "ce que l'on appelle les catéchèses du mercredi". Il s'agit d'un "enseignement que donne le pape, aux catholiques d'abord" : "Il était ce matin (mercredi) en train de commenter un commandement qui est : 'Tu ne tueras pas'. (…) Quand il évoque cette question d'enfant à naître, il quitte son papier, il sort de son texte" et "l'image lui vient" : "Il veut, avec cette image, aider à prendre conscience de ce que cela peut signifier." "Ce que le pape veut dire, ce n'est pas immédiatement un jugement à proprement parler sur la question de l'IVG", assure Laurent Stella-Bourdillon, soulignant plutôt "une sorte d'alerte que le pape lançait dans sa catéchèse".

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"Il faut porter une réflexion sur la conscience de ce que représente la suppression d'une vie. Ces petits étaient sur le chemin de la vie et on les arrête, pour 36 raisons. Ce sont des questions de confort mais demain, ça va être aussi l'élimination d'enfants à naître avec une pathologie déclarée ou même sans pathologie déclarée", justifie-t-il avant de s'interroger : "Qu'est-ce qui peut encore alerter l'opinion publique par rapport à des situations graves sur l'être humain sinon des images chocs ?"

"Malheureusement, c'est un débat qui est encore d'actualité", déplore Marie Razon. Pour Marie Razon, médecin généraliste au Planning familial, la déclaration du pape "participe à véhiculer l'idée que l'IVG peut être remise en question, que ce n'est pas forcément un acte anodin". "Ça ne peut pas laisser les gens complètement imperméables à toutes ces idées qui sous-entendent que faire une IVG, c'est mal", juge-t-elle sur Europe 1.

D'après elle, véhiculer cette idée "culpabilise les femmes qui sont dans cette démarche-là, ça n'encourage pas les médecins, les autorités, les associations à s'engager dans cette lutte-là". "Malheureusement, c'est un débat qui est encore d'actualité", conclut-elle.