Pollution au béton : "Ça ne doit pas être possible de rejeter impunément des déchets dans la Seine"

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La Seine est touchée par une grave pollution au béton à Nanterre, due à des rejets provenant d'une usine appartenant à Vinci. "Des centaines de mètres sont pollués", déplore sur Europe 1 Sandrine Armirail, directrice de la maison de la pêche et de la nature et présidente de l’AAPPMA 92.
INTERVIEW

A Nanterre, une usine appartenant à Vinci pollue l'eau de la Seine. Comme Europe 1 le révélait mercredi matin, des rejets de ciment provenant du site de fabrication du béton, qui alimente le chantier d’extension du RER E-Eole La Défense, y ont été constatés par un garde-pêche assermenté de l’association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPMA 92 & 75 ouest), au mois de mars.

"Des gardes-pêche étaient en tournée ce jour-là, ils se sont rendus compte d'un bruit suspect. Ils ont découvert qu'il y avait un écoulement de béton qui partait d'une usine juste à côté", raconte Sandrine Armirail, directrice de la maison de la pêche et de la nature et présidente de l’AAPPMA 92, au micro de Matthieu Belliard sur Europe 1.

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"Tout est dur, plus rien ne va pousser et plus rien ne va vivre à cet endroit"

"Des centaines de mètres sont pollués par du béton" et les dommages sont considérables, souligne-t-elle. "Les bordures de Seine accueillent le plus de biodiversité" comme "les poissons, les plantes, les insectes" : "Normalement, une bordure de Seine, ça fait environ 1,10 m, 1,20 m, voire 1,30 m de profondeur. Là, vous avez entre 15 centimètres et 30 centimètres. Tout est dur, plus rien ne va pousser et plus rien ne va vivre à cet endroit."

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Selon Sandrine Armirail, "ça ne doit pas être possible maintenant, de rejeter impunément des déchets dans la Seine". "En tant qu’association de pêche agréée par le préfet, nous pouvons nous porter partie civile", ajoute-t-elle.Une plainte a donc été déposée par l’association AAPMA 92 & 75 Ouest ainsi que la Fédération de Paris pour la pêche et la protection du milieu aquatique. Vinci, qui détient cette centrale à béton exploitée par le groupement E-DEF, indique de son côté avoir été mis au courant de cet incident qu'il qualifie d'"anormal, inhabituel et regrettable".

"Qui restaure et qui va faire revenir la vie ? Ce ne sont pas eux, c’est nous"

"C’est bien beau de détruire, mais qui restaure derrière, et qui va faire revenir la vie ? Ce ne sont pas eux, c’est nous", déplore Sandrine Armirail. "On nous demande à tous de participer à la propreté de la Seine en vue des Jeux olympiques qui arrivent très bientôt", tient-elle à préciser par ailleurs. Avec ses "petits moyens", l’AAPPMA 92 fait ce qui est en son possible "pour surveiller, prévenir, intervenir auprès des personnes compétentes", mais Sandrine Armirail prévient, "les géants du bâtiment" sont également concernés par ces questions.

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau