Policiers renvoyés en correctionnelle : le syndicat des commissaires appelle à "ne pas polémiquer"

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Les policiers auteurs de "violences illégitimes" lors des manifestations de "gilets jaunes" seront renvoyés en correctionnelle, a averti le procureur de Paris. "Les policiers sont des justiciables" comme tout citoyen, rappelle le secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale sur Europe 1.
INTERVIEW

Des policiers mis en cause pour des violences policières lors des manifestations des "gilets jaunes" seront renvoyés devant le tribunal correctionnel. Le procureur de Paris Rémy Heitz en a fait l'annonce dans les colonnes du Parisien jeudi. Si certains syndicats dans la police s'en indignent, David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale, n'est pas choqué.

"Il faut bien lire et comprendre ce qu'a dit le procureur", explique-t-il au micro de Sébastien Krebs. "Les policiers qui auraient été auteurs de violences illégitimes (...) et non pas de violences policières" sont concernés par cette annonce . "Lorsqu'un policier commet des violences illégitimes, comme tout citoyen, il est susceptible de rendre des comptes devant la justice. Par ailleurs, être renvoyé devant un tribunal correctionnel n'est pas une culpabilité ou une condamnation", rappelle-t-il.

"Il faut faire confiance à la justice"

Selon lui, "il faut faire confiance à la justice et ne pas polémiquer sur cette annonce". À ceux qui pourraient penser que "les policiers bénéficient d'une sorte d'impunité générale", David Le Bars répond : "C'est totalement faux !" "Les policiers sont des justiciables et surtout, c'est une administration qui est extrêmement contrôlée et parfois extrêmement sanctionnée. C'est la justice qui procédera aux condamnations si toutefois des policiers sont reconnus fautifs."

>> De 17h à 20h, c’est le grand journal du soir avec Sébastien Krebs sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Le syndicaliste tient par ailleurs à souligner que les policiers sont "dans une période très difficile", et évoque le "courage immense" ainsi que "les six mois que chacun vient de passer dans les forces de l'ordre pour faire face à la haine et face à la violence". Il estime que cela peut engendrer "des actions illégitimes" : "Elles sont minoritaires, ça ne doit en rien enlever au bilan des forces de l'ordre et ces actions-là devront être jugées par la justice parce qu'il en va ainsi de l'État de droit."

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau