Des milliers de policiers ont défilé mardi à Paris pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et réclamer une revalorisation de leurs rémunérations. À l’appel du syndicat Alliance Police, les manifestants ont notamment déposé de faux cercueils devant l’Assemblée nationale.
C’est une scène que les Champs-Élysées avaient rarement connue. Drapeaux bleus dans les mains, sifflets tonitruants entre les lèvres, des milliers de policiers battent avec colère le pavé parisien.
"Nous sommes venus de toute la France, mais surtout, vous êtes venus en colère", hurle au micro Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d’Alliance Police. Devant lui, ses troupes sont remontées. À deux pas de l’Élysée et du ministère de l’Intérieur, c’est de l’argent qu’ils sont venus réclamer.
"Nos indices de rémunération n’augmentent plus depuis des années. Du coup, d’un point de vue financier, ça ne va pas. On n’arrive plus à suivre", peste ce policier de la région parisienne. "C’est très compliqué pour nous et nos familles. Il y a beaucoup de promesses, mais au final, il n’y a rien", abonde l’un de ses collègues, venu spécialement de Besançon.
Des conditions de travail de plus en plus dégradées
Salaires trop bas, mais aussi hausse des risques au quotidien. Pour marquer les esprits, l’un des policiers a volontairement déchiré son uniforme, faussement ensanglanté. "C’est un symbole. Cela représente les policiers blessés au quotidien, lors d’interventions a priori banales", explique-t-il.
Arrivés devant l’Assemblée nationale, les policiers déposent ensuite de faux cercueils, sur lesquels est inscrit "RIP Police". Objectif : sensibiliser les députés aux conditions de travail et de rémunération des policiers, selon Fabien Vanhemelryck, le secrétaire général d’Alliance Police.
"Il faut savoir qu’aujourd’hui, un gardien de la paix qui travaille jour et nuit, y compris les week-ends et les jours fériés, ne touche que 2.000 euros par mois. Comment peut-on accepter cela, lorsqu’on connaît la dangerosité de notre métier ?", tonne le syndicaliste. Et le policier le promet : sans réponse satisfaisante, ils reviendront dans la rue le 29 septembre prochain.