Nicolas Sarkozy condamné : pourquoi le PNF jouait gros

, modifié à
  • A
  • A
Nicolas Sarkozy 1:32
Nicolas Sarkozy a été condamné à trois ans de prison, une décision dont il a fait appel. © Martin BUREAU / AFP
Partagez sur :
Le Parquet national financier a porté de bout en bout l'affaire des "écoutes", dossier pour lequel Nicolas Sarkozy a été condamné lundi en première instance à trois ans de prison, dont un an ferme. Pour l'instance, une relaxe de l'ex-chef de l'État aurait représenté un véritable camouflet.
DÉCRYPTAGE

Condamné à trois ans de prison dont un an ferme dans l'affaire dite des "écoutes", Nicolas Sarkozy a décidé de faire appel de la décision du tribunal correctionnel de Paris. Cette décision de justice est qualifiée de "sévère" par son entourage. "Il fallait du courage pour relaxer Nicolas Sarkozy", a déclaré lundi soir son avocate, Me Jacqueline Laffont, sous-entendant que les juges auraient condamné l’ancien chef de l'État par corporatisme, en solidarité avec leurs collègues du Parquet national financier. Il faut dire que pour le PNF, ce procès représentait aussi un vrai enjeu.

Car il s'agissait là l’une des affaires les plus sensibles du Parquet national financier, mais aussi l'une des plus secrètes : des écoutes téléphoniques entre Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et un haut magistrat, Gilbert Azibert. Ce dossier a été porté de bout en bout par le PNF, et ce malgré une possible fuite qui a fait l’objet d’une enquête interne. Une procédure qui n'a pas aboutie, mais dont les répercussions créent aujourd’hui encore des remous chez les magistrats.

Accusation pilonnée

C'est peu dire que le résultat de ce procès était très attendu, tant l’accusation a été pilonnée par la défense à l’audience et même bien avant par les soutiens de Nicolas Sarkozy. Au point que le procureur national financier en personne était venu, lors du réquisitoire, soutenir ses deux collègues.

Une relaxe de l’ancien président aurait été perçue comme un camouflet pour le PNF. Il n’en est rien, même si les juges n’ont pas suivi les deux ans de prison ferme requis, et même si le Parquet national financier devra à nouveau soutenir ses accusations lors du procès en appel de l'ancien président de la République.