Nathalie peine à rebondir après un burn out et une rupture difficile : "Je ne suis pas suffisamment égoïste"

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Nathalie a aujourd’hui 47 ans. Après une enfance difficile, une rupture amoureuse douloureuse et des déboires professionnels, dont un burn out, elle témoigne de sa difficulté à rebondir. Mais elle n’est pas résignée.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Nathalie a eu une enfance difficile : un père violent, une mère intrusive, qui la faisait "douter de tout". À 22 ans, elle rencontre celui qu’elle pensait être l’homme de sa vie. Une bouffée d’oxygène, une relation émancipatrice, de laquelle naîtront deux enfants. Mais au bout de 13 ans, cet homme la quitte, soudainement, brutalement, jusqu’à ne plus lui donner de nouvelles. "Il me disait que je ne valais pas le quart" de sa nouvelle compagne, se souvient Nathalie. À partir de là, sa vie change du tout au tout. Anorexie, boulimie, crise de confiance : en résumé, une descente aux enfers. Elle s’est confiée mardi au micro d’Olivier Delacroix, dans la Libre antenne, sur Europe 1.

"Par choix, je n'ai pas voulu refaire ma vie, par rapport à mes enfants. J'avais tout misé sur lui, j'ai voulu rester comme ça et puis on finit par s'habituer à être comme ça. Il n’est pas si facile, ni évident, de refaire sa vie. Je n'ai pas rencontré beaucoup de monde, je ne sors pas spécialement, et la plupart des personnes que j'ai rencontrées, ce n'étaient pas les bonnes. Aujourd'hui, pour trouver des gens sincères, honnêtes, c’est assez compliqué. Et puis, il faut tout recommencer, repartir de zéro.

Je ne suis pas suffisamment égoïste, je ne sais pas être égoïste. Vous allez me dire : ‘Il faut être un peu égoïste, vos enfants sont grands et vous avez le droit au bonheur’. Mais je me demande si inconsciemment, je ne me l'interdis pas. […] Je pense que je me cherche encore."

Dans sa jeunesse, Nathalie avait entamé des études d’aide-soignante. Elle a tout abandonné en ayant rencontré le futur père de ses enfants. Et aujourd’hui, elle ne sait plus comment rebondir…

"C'est super compliqué. Je parle l'anglais couramment. J'ai l'équivalent d'un diplôme de secrétaire. Mais dernièrement, j'ai fait un 'burn out'. Je travaillais dans l'Éducation nationale. Et puis, j'ai terminé en usine, pour être gentiment remerciée. Ce sont à chaque fois des contrats précaires. Aujourd'hui, même dans les grands groupes qui prennent les gens en intérim ou en CDD, ce sont des contrats à la semaine.

J'ai aussi passé une journée d'immersion au centre hospitalier de Lyon. Mais ils n’embauchent pas. Pourtant, ça me plaisait bien. La journée que j'ai passée là-bas, j'étais dans mon élément, ça m'a vraiment plu. Mais j’ai 47 ans. Je ne suis pas pessimiste, mais trouver quelque chose dans lequel je puisse être épanouie, ça va être compliqué. On va me dire que 'Je suis trop vieille'. Et puis une formation nécessite des sacrifices, toutes les formations ne sont pas à moindre coût.

Donc, je recommence une mission en intérim, dans l'industrie pharmaceutique, dans un grand groupe, au contrôle qualité des médicaments. C’est purement et simplement alimentaire, il n’y a rien de valorisant."

Nathalie fréquente aujourd’hui un thérapeute, et entend aller de l’avant. Elle aimerait notamment trouver des groupes de parole, d’autres personnes à qui se confier, et avec qui partager d’autres choses.

"Je vais aller voir mon thérapeute, sur Lyon, et je vais lui demander s'il a des noms de cinq ou six endroits de parole, pour pouvoir discuter. Je suis certain qu’il y a des groupes de parole qui existent, au moins autour de l’addiction à la nourriture.

Mon fils, mon petit, est aussi en train de passer le permis et je me dis qu’une fois qu'il aura son permis de conduire, je vais pouvoir partir. Si je m'octroie quelques jours, je peux le laisser tranquille. Ça va lui permettre d'être autonome. Ça me permet de pouvoir le laisser et de pouvoir vaquer à quoi j'ai envie. Je vais pouvoir enfin penser à moi.

J'avais aussi envie d'être assistante funéraire, ça peut paraître étrange, mais ça me parle : aller en aide, au-devant des gens. Je vais faire des démarches, je vais tenter le coup."

>> L'intégralité du témoignage de Nathalie et les conseils d'Olivier Delacroix sont à retrouver dans le son en illustration de cet article et l'ensemble des témoignages de la Libre antenne ici.

Europe 1
Par Gaétan Supertino (édition)