La nuit de mercredi à jeudi a une nouvelle fois été marquée par des coups de feu. 1:08
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Florin Hossu, édité par Manon Fossat , modifié à
La situation s'envenimait encore mercredi en Martinique, au soir du troisième jour de grève générale. La nuit a encore été marquée par la multiplication des barrages sur les principaux axes routiers de l'île, secouée comme sa voisine la Guadeloupe par une contestation du vaccin anti-Covid obligatoire, qui tourne à la violence dans certains quartiers.

Après plusieurs jours de tensions, la violence continue de se répandre comme une traînée de poudre aux Antilles. La nuit de mercredi à jeudi a une nouvelle fois été agitée, marquée par des coups de feu, des incendies ou encore des pillages. Selon le correspondant sur place d'Europe 1, la situation à Fort-de-France semble totalement hors de contrôle et les violences ne sont plus seulement cantonnées au chef-lieu. 

En effet, elles se sont propagées dans toutes les communes ou en tout cas dans une grande partie, notamment au Robert, où les pompiers ont lutté pendant plusieurs heures cette nuit contre les flammes qui ont ravagé un petit centre commercial. Du nord au sud, des barrages enflammés ont été érigés sur des dizaines de ronds-points et d'intersections. Plusieurs boutiques et commerces ont été vandalisés et pillés, et un centre de stockage de voitures aux enchères a même été incendié par des jeunes portant des cagoules.

Colère et incompréhension des riverains

A Fort-de-France, les policiers ont été la cible de tirs à balles réelles pour le troisième soir consécutif depuis le début de cette grève générale. Dans le quartier populaire de Sainte Thérèse, déchiré par deux nuits d’affrontements à balles réelles entre bandes de jeunes et forces de l’ordre, les riverains sont désabusés. "Cette bouffée de fumée que j'ai reçu en ouvrant ma porte", se souvient Rosette, la présidente du comité de quartier, pour qui le traumatisme est encore présent. 

Elle a d'ailleurs bien du mal à cacher sa colère contre les responsables de ces émeutes. "Ce sont des marginaux qui n'ont rien à faire des autorités et des fois même de leurs propres parents. Ceux-là pour moi, c'est la race de voyous", lâche-t-elle. Pour les habitants, l'incompréhension est également le sentiment qui domine. C'est le cas de Tony, qui réside à quelques mètres de là et n'avait jamais connu une telle situation en 55 ans. Il ne comprend pas comment l'île a pu en arriver là. "Je me pose la question parce que je ne comprends vraiment pas. Mais c'est malheureux. Si on doit mieux vivre, ce n'est pas comme ça que l'on va arranger les choses", estime-t-il. 

Le quartier avait déjà vécu des violences similaires en juillet dernier. Un centre de vaccination Covid y avait notamment été brûlé lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.