Marine, 35 ans, est accro à son téléphone : "Quand je ne l'ai pas, je me sens nue"

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© JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Ses enfants s'en plaignent et cela a fait exploser son couple. Pourtant, Marine, 35 ans, ne peut s'empêcher de pianoter en permanence sur son téléphone. Elle a parlé de son addiction à Olivier Delacroix, vendredi sur Europe 1.
VOS EXPÉRIENCES DE VIE

>> Du lever du jour jusqu'aux dernières heures de la soirée, Marine, 35 ans, ne quitte pas son téléphone, grâce auquel elle communique en permanence avec ses amis. Son addiction est telle qu'elle a contribué à faire exploser son couple. Elle s'en est ouverte à Olivier Delacroix, vendredi sur Europe 1.

"Ça commence à faire quelques années que je suis accro à mon téléphone. Je l'ai toujours près de moi. À force de me l'entendre dire, j'ai pris conscience que j'étais constamment sur mon téléphone, car moi, je ne m'en rends absolument pas compte. Au restaurant, mon téléphone est toujours posé sur la table. Il est dans ma poche, dans ma main, constamment avec moi. Il ne me quitte jamais. Je ne l'éteins jamais.

>> De 15h à 16h, partagez vos expériences de vie avec Olivier Delacroix sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

J'ai deux enfants. Ce sont eux qui m'ont fait remarquer que j'étais tout le temps sur mon téléphone. Ils me disent : 'mais je te parle et tu es sur ton téléphone !' C'est là que je me suis dit qu'il y avait un problème. Même avec eux, j'utilise mon téléphone pour leur faire écouter de la musique. Moi, c'est pour les réseaux sociaux, les messages. Mon compagnon me disait que c'était un mauvais exemple pour les enfants. 

Entendu sur europe1 :
Dernièrement, je l'ai mis en réparation, donc je ne l'ai pas eu pendant environ 2 heures. Ça me manquait énormément

Aujourd'hui, je suis divorcée. C'est vrai, mon addiction à mon téléphone a été un souci dans mon couple. J'étais constamment dessus, même à table. Il me disait : 'je te parle et tu n'écoutes pas'. Alors que si, j'écoutais. Mais je ne peux pas m'empêcher de répondre à un message. Le soir, je mettais mon téléphone sur ma table de nuit, et quand je recevais un message, ça vibrait, c'était assez bruyant. Du coup, je le mettais sous mon oreiller pour atténuer le bruit.

Quand je n'ai pas mon téléphone, je me sens nue. Il me manque quelque chose, quelque chose qui me mette en relation avec des gens. Dernièrement, je l'ai mis en réparation, donc je ne l'ai pas eu pendant environ 2 heures. Je mettais régulièrement mes mains dans mes poches par réflexe en me disant 'mais il est où ?'. Ça me manquait énormément, ça faisait un vide."

L'avis du psy

Robert Neuburger, psychiatre, psychanalyste et thérapeute de couple

"Le smartphone est devenu un partenaire des couples, c'est très clair. Il fait intrusion dans l'intimité du couple, dans cette construction fragile. Un couple, ce sont deux êtres qui se créent une intimité partagée, quelque chose qui est protégé du monde extérieur. Et là, on se retrouve à trois, avec ce tiers que l'un des deux n'a pas choisi.

Les raisons pour lesquelles une personne est accro à son smartphone sont des raisons très personnelles. Pour elles, le téléphone est plus une solution qu'un problème. Il y a des gens qui ont des angoisses, comme celle de la séparation, des angoisses existentielles, ou des difficultés psychologiques. [Concernant Marine] on a vraiment l'impression que c'est quelque chose qui la rassurait, qui la faisait exister. Comme certains toxicomanes."