Le parcours déposé par les syndicats pour la mobilisation du 5 novembre, qui devait aller de Bastille à Concorde, a été interdit par la préfecture de Paris ce jeudi 4 novembre. Les autorités proposent, dans leur arrêté, un parcours "entre la place de la République et la Place de la Nation".
La manifestation dans le cadre de l'appel national à la grève lancé par les principaux syndicats du pays pour défendre les salaires et l'emploi "pourra se tenir" jeudi "entre la place de la République et la place de la Nation", selon un arrêté de la préfecture de police de Paris publié mercredi 4 novembre. L'intersyndicale et les organisations lycéennes et étudiantes avaient initialement proposé un parcours allant de la place de la Bastille jusqu'à la place de la Concorde, non loin de l'Assemblée nationale.
Pour justifier cette décision, le préfet de police Patrice Faure écrit que "cette manifestation intervient dans un contexte social extrêmement tendu marqué notamment par les émeutes urbaines survenues dans la capitale" le 17 octobre. Il met également en avant "l'infiltration d'éléments violents et déterminés" ainsi que des risques de troubles à l'ordre public "dans un contexte national et international de menace très élevée".
855 personnes interpellées à Paris lors de la mobilisation du 17 octobre
Pour la seule journée de mobilisation du 17 octobre, 855 personnes avaient été interpellées à Paris et plus d'une trentaine de magasins ont été saccagés ou pillés.
"Ce qui nous surprend, c'est que la préfecture de police argumente son refus de notre parcours Bastille-Concorde sur le contexte sécuritaire et nous impose un parcours alternatif qu'elle nous a refusé il y a quinze jours pour des raisons de sécurité", s'est étonné auprès de l'AFP Vincent Gautheron, secrétaire général de l'union régionale CGT Île-de-France.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a demandé aux préfets et responsables de sécurité de prévoir des "dispositifs robustes" pour cette journée qu'il qualifie de "sensible", selon un télégramme consulté mardi par l'AFP. Il préconise la mise en place de "dispositifs opérationnels robustes, agiles et réactifs", dotés d'effectifs de police et de gendarmerie renforcés.