Les plaintes pour crimes et délits anti-LGBT+ en hausse de 28% en 2021 en France

En cinq ans, sur la période 2016-2021, le nombre d'actes anti-LGBT+ a doublé (+104%), souligne dans une note le Service statistiques du ministère.
En cinq ans, sur la période 2016-2021, le nombre d'actes anti-LGBT+ a doublé (+104%), souligne dans une note le Service statistiques du ministère. © SANDY HUFFAKER / AFP
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avec AFP
Selon les chiffres publiés lundi par le ministère de l'Intérieur, les plaintes pour crimes et délits commis envers les personnes LGBT+ ont augmenté de 28% en France en 2021 par rapport à 2020. En cinq ans, sur la période 2016-2021, le nombre d'actes anti-LGBT+ a doublé (+104%).

Les plaintes pour crimes et délits commis envers les personnes LGBT+ ont augmenté de 28% en France en 2021 par rapport à 2020, selon les chiffres publiés lundi par le ministère de l'Intérieur. Si l'on prend en considération l'année 2019, qui a précédé la crise sanitaire du Covid-19, la hausse est ramenée à 12%. En cinq ans, sur la période 2016-2021, le nombre d'actes anti-LGBT+ a doublé (+104%), souligne dans une note le Service statistiques du ministère.

2.170 crimes et délits enregistrés en 2021

Au total, 2.170 crimes et délits contre les lesbiennes, gay, bi et trans ont été enregistrés en 2021 par la police et la gendarmerie. Si l'on ajoute les 1.620 contraventions dressées (à plus de 90% pour injure ou diffamation), les forces de l'ordre ont recensé un total de 3.790 atteintes "commises en raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre". Une large majorité de ces atteintes au sens large concerne les injures et les diffamations (59%), précise le ministère.

20% de plainte en moyenne

Les victimes font rarement la démarche de déposer plainte : seules 20% des personnes LGBT+ agressées ou menacées ont dénoncé les faits aux forces de l'ordre en moyenne sur la période 2012-2018, selon l'enquête Cadre de vie de sécurité. Ce taux chute à 5% pour les injures. Ces atteintes ont lieu en majorité en milieu urbain, à 53% dans des agglomérations de plus de 200.000 habitants, même si "cette proportion a diminué au cours des deux dernières années", souligne Beauvau. Près de la moitié des crimes et délits anti-LGBT+ ont lieu dans l'espace public, les victimes sont en majorité des hommes (73%) âgés de moins de 30 ans (51%).