Les "gilets jaunes" déterminés à rester sur les ronds-points : "Cette union, on ne pourra jamais nous l'enlever"

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Sur certains ronds-points, les "gilets jaunes" ont déjà installé leur sapin de Noël (Photo d'illustration)
Sur certains ronds-points, les "gilets jaunes" ont déjà installé leur sapin de Noël (Photo d'illustration) © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
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Malgré les appels du gouvernement, certains "gilets jaunes" ne semblent pas prêt à plier bagages, comme par exemple à Puget-sur-Argens, dans le Var.
REPORTAGE

Au lendemain de "l'acte 5" des "gilets jaunes", marqué par une forte baisse de la mobilisation, le gouvernement appelle à libérer les ronds-points. Mais sur le terrain, certains ne l'entendent pas de cette oreille. C'est le cas à Puget-sur-Argens, dans le Var.

"On peut nous déloger, on ira sur d'autres ronds-points". Ici, la quarantaine de "gilets jaunes" qui se relaient depuis un mois ont même installés leur sapin de Noël : ils comptent bien passer les fêtes au coin du feu, devant leur cabanon. N'en déplaise au gouvernement. "On peut nous déloger, on ira sur d'autres ronds-points et puis un jour on ira plus sur les ronds-points mais sur les places carrées, on construira des camps partout", avertit l'une des manifestantes. "Macron a mis les Français dans la rue, mais les Français ne veulent plus rentrer".

Entendu sur europe1 :
Macron a mis les Français dans la rue, mais les Français ne veulent plus rentrer

"Qu'il aille se faire cuire un œuf", brave une autre. "Si on arrête maintenant, ça voudra dire que huit personnes sont mortes pour rien, et surtout que j'ai mis ma vie personnelle et professionnelle entre parenthèses pour rien".

"Aujourd'hui, les Français sont plus unis que jamais". Sur ce rond-point, les "gilets jaunes" en veulent à Emmanuel Macron d'avoir été trop long à sortir de son silence. Et le président doit désormais faire face à des manifestants organisés sur le terrain, et très unis dans la colère. "On a notre tente, on a de quoi se couvrir, on a de quoi dormir, on a de quoi manger…", détaille encore l'une d'entre elles. Selon cette dernière, la plus grosse erreur du chef de l'État a été "de nous laisser retrouver cette France de cœur. Il y a un mois et demi, on vivait dans un monde où on avait peur d'aller demander du sel à son voisin. Et aujourd'hui, les Français sont plus unis que jamais. Cette union, il ne pourra jamais nous l'enlever".

Europe 1
Par Jacques Thérence, édité par Thibauld Mathieu