"L’enjeu est de mettre en place une transition écologique où les gens ne sont pas piégés"

Valérie Masson-Delmotte
Valérie Masson-Delmotte était l'invitée de Matthieu Belliard vendredi. © Europe 1
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Mathilde Belin , modifié à
La climatologue Valérie Masson-Delmotte estime vendredi sur Europe 1 qu'il est possible de mettre en oeuvre une transition écologique "où les gens ne sont pas piégés en étant taxés sans avoir de compensation". 
INTERVIEW

L’année 2018 a été la plus chaude jamais connue en France métropolitaine depuis plus d’un siècle. Et pour la climatologue Valérie Masson-Delmotte, l’Homme en est clairement la cause. "En France et en Europe, c’est une année 2018 record, qui s’inscrit dans une tendance au réchauffement qu’on observe partout, aussi bien à la surface des continents qu’au-dessus des océans", a déclaré la directrice de recherches au Commissariat à l’énergie atomique, au micro de Matthieu Belliard vendredi.

"La cause de ce réchauffement, ce sont nos rejets de gaz à effet de serre, car ils empêchent une partie de la chaleur de partir vers l’espace. Cette énergie s’accumule, elle réchauffe l’air en surface, et les océans ont stocké en profondeur 90% de cette énergie supplémentaire, et on ne peut pas revenir en arrière", explique Valérie Masson-Delmotte.

"Une transition où les gens ne sont pas piégés en étant taxés". "Si on veut éviter la poursuite de ce réchauffement, l’urgence c’est d’agir pour réduire les gaz à effet de serre", lance la climatologue, avant d’évoquer sans le nommer le mouvement des "gilets jaunes" : "Chaque choix compte et notamment de mettre en place des transitions qui protègent les plus vulnérables des conséquences de ce climat qui change et des choix politiques qui sont faits. L’enjeu est de mettre en place une transition où les gens ne sont pas piégés en étant taxés sans avoir de compensation."

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"Un effet d'indication et non pas de punition". Selon elle, il est possible de mettre en œuvre des politiques pour la transition écologique, sans que cela ne touche réellement au porte-monnaie des contribuables. "On a des exemples dans le monde d’une augmentation de la fiscalité sur les carburants, mais qui s’est accompagnée d’une redistribution. De sorte qu’il y a eu un effet d'incitation, et non pas de punition", cite l'experte qui a co-présidé le rapport du GIEC.   

Ce "rapport montre qu’il y a beaucoup d’occasions d’avoir une réorientation des choix publics, des choix des particuliers et des choix des entreprises. Il n’y a pas que cette solution de taxer les carburants qui compte", avance-t-elle encore. Et Valérie Masson-Delmotte de rappeler : "Le réchauffement est déjà là, ce n’est pas quelque chose de long terme."