Le tribunal de grande instance de Metz rejette la validité d'un testament par SMS

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"La question de sa constitutionnalité apparaît dépourvue de caractère sérieux", a conclu le TGI. © JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Le tribunal de grande instance de Metz a décidé vendredi que la question de la validité d'un testament par SMS ne méritait pas d'être transmise aux Sages.

Un testament par SMS n'est pas valide. C'est ce qu'a décidé vendredi la chambre civile du tribunal de grande instance de Metz, qui a refusé de transmettre à la Cour de cassation la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée en ce sens par un avocat.

Une QPC "dépourvue de caractère sérieux". Dans sa décision, la juridiction estime que "les dispositions prévues par l'article 970 du Code civil protègent l'expression des dernières volontés du testateur et, partant, son droit de propriété et celui d'en disposer de manière libre". "La question de sa constitutionnalité apparaît dépourvue de caractère sérieux", est-il conclu, précisant qu"il n'y (avait) donc pas lieu à transmission à la Cour de cassation". L'article 970 du Code civil prévoit que "le testament olographe ne sera point valable s'il n'est écrit en entier, daté et signé de la main du testateur. Il n'est assujetti à aucune autre forme".

Une veuve avait contesté les dernières volontés de son mari, avec qui elle était en procédure de divorce, en s'appuyant sur cet article. Dans un SMS écrit à sa soeur le 23 octobre 2016, avant de se suicider, il avait demandé que sa mère "récupère (sa) part". Selon l'avocat de la mère du défunt, Me Thomas Hellenbrand, l'article 970 "est inconstitutionnel car il limite le droit de propriété, qui est l'un des droits fondamentaux, et limite de façon trop stricte la possibilité de transmettre sa propriété". Il avait demandé le 18 mai à la présidente de la première chambre civile de transmettre une QPC à la Cour de cassation pour que soit reconnue la validité d'un testament transmis par SMS.
Pour éviter les falsifications. Le TGI rappelle que "cette exigence manuscrite permet de limiter des risques de falsification, de prévenir les risques d'erreurs dans la rédaction, de garantir une réflexion suffisante de la part du testateur".