La métropole lilloise déconseille l'eau du robinet aux nourrissons : "c'est un principe de précaution"

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À compter de mardi, la sécheresse oblige les pouvoirs publics à activer des forages puisant dans des nappes phréatiques polluées par des munitions de la Première Guerre mondiale. 

Les conséquences de la sécheresse sont parfois inattendues : à compter de mardi, les parents de bébés de moins de six mois résidant dans 74 des 90 communes de la métropole lilloise sont invités à préparer les biberons de leurs enfants avec de l'eau en bouteille. 

Des forages au sud de la métropole

L'explication est simple : jusqu'à maintenant, pour la production d'eau potable, les services de la métropole puisaient l'eau dans la rivière la Lys. Mais, après trois ans de déficit pluviométrique, son niveau est en baisse. À partir de mardi, des forages plus au sud de la région lilloise doivent donc être activés. 

Problème : ces forages sont pollués par des perchlorates, des résidus chimiques provenant des munitions de la Première Guerre mondiale, et qui se sont dissous, au fil du temps, dans les sous-sol. Sur ces sites de forage, le taux de perchlorates dans l'eau dépasse tout juste les 4 mg par litre, soit le premier seuil légal de réglementation pour les nourrissons de moins de six mois. 

"La population peut continuer à prendre des douches"

"Je rassure la population, l'eau reste toujours potable pour l'ensemble de la population", indique à Europe 1 Alain Detournay, le vice-président en charge de l'eau à la métropole de Lille. "Les mamans peuvent même laver leurs biberons à l'eau du robinet. Elles évitent de préparer leurs biberons avec l'eau du robinet mais pour les rincer, il n'y a aucun souci. La population peut continuer à prendre des douches, c'est vraiment un principe de précaution et on applique l'arrêté préfectoral"

Les taux sont nettement en dessous du seuil justifiant une interdiction de la consommation aux femmes enceintes, fixé à 15 mg par litre. Mais les recommandations concernant les bébés pourraient durer plusieurs semaines, le temps que les pluies automnales permettent à la Lys de retrouver son niveau normal. 

Europe 1
Par Lionel Gougelot