La Chaîne des Puys en Auvergne classée par l'Unesco au patrimoine mondial

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Certains volcans sont âgés de 90.000 ans. © THIERRY ZOCCOLAN / AFP
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La Chaîne des Puys, chapelet de volcans endormis depuis au moins 8.000 ans en Auvergne, a été classée lundi par l'Unesco au patrimoine mondial.

La Chaîne des Puys, chapelet de volcans endormis depuis au moins 8.000 ans en Auvergne, a été classée lundi par l'Unesco au patrimoine mondial, a annoncé l'agence onusienne réunie à Bahreïn.

Faille vieille de 35 millions d'années. Outre ses 80 volcans âgés de 8.400 à 95.000 ans, le classement porte également sur la faille de Limagne, vieille de 35 millions d'années et qui descend jusqu'à 3.000 mètres dans les entrailles de la Terre. "Le site illustre de manière exceptionnelle le phénomène de rupture continentale - ou rifting -, qui est l'une des cinq principales étapes de la tectonique des plaques", explique encore l'Unesco.

Les spécialistes n'excluent pas que les volcans se réveillent un jour. Ce "haut lieu tectonique", situé à l'ouest de Clermont-Ferrand dans le parc des volcans d'Auvergne, regroupe une collection de sommets aux formes pures, très peu érodés, sur un axe nord-sud d'environ 32 km de long et 4 km de large. En forme de cône, de dôme ou de cratère, ces jeunes volcans sont considérés comme "endormis" mais les vulcanologues n'excluent pas qu'ils se réveillent un jour.

"Les processus et caractéristiques de la rupture continentale". Parmi les édifices naturels les plus emblématiques, le Puy de Dôme, point culminant à 1.465 mètres qui a donné son nom au département, et le Puy de Pariou avec son cratère typique de volcan de type strombolien. Ce bien "illustre de manière exceptionnelle les processus et caractéristiques de la rupture continentale, un phénomène fondamental de l'histoire de la Terre", avait estimé l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans son dernier avis, en mai, proposant à l'Unesco de l'inscrire au Patrimoine mondial.

Le projet avait essuyé des refus à deux reprises. Pourtant, la partie était loin d'être gagnée pour la candidature auvergnate, qui a essuyé par deux fois un refus du comité de l'Unesco après deux rapports négatifs de cette même UICN. Si elle reconnaissait alors "l'intérêt et la valeur de ce site pour la communauté géologique scientifique spécialisée", l'ONG a estimé un temps que ses caractéristiques n'étaient "pas uniques" et semblaient "égalées", voire "mieux représentées, dans d'autres sites du monde".