"Il y a quand même des vies en jeu" : à Sisteron, la fermeture des urgences de nuit inquiète les habitants

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A partir de lundi soir, les urgences de l’hôpital de Sisteron, confrontées à un surcroît d’activité et à une pénurie de personnel, vont fermer pour une durée indéterminée. Indispensable pour les soignants, mais inquiétant pour les habitants.
REPORTAGE

Un médecin malade et les vacances avec leur surcroît d'activité... il n'en fallait pas plus pour en arriver à une situation de rupture à l'hôpital de Sisteron, situé dans un département, les Alpes-de-Haute-Provence, très touristique. Il est pour l’heure impossible de trouver de nouveaux médecins et les soignants sont au bout du rouleau, à tel point que, malgré les inquiétudes des habitants, les urgences de nuit ferment à partir de lundi soir et pour une durée indéterminée.

"Il nous manque quatre médecins"

Il a fallu le départ en arrêt maladie d’un médecin de plus pour que le système déraille. Impossible de remplir les tableaux de service. Du coup, les cadences deviennent infernales et les gardes s’enchaînent. "Ça craque au bout d’un moment. C’est tellement tendu", témoigne Corinne, infirmière. "A force de tirer sur l’organisme, eh ben l’organisme au bout d’un moment, il dit stop. C’est surtout ça. On se sent abandonnés", dénonce-telle au micro d’Europe 1.

Il faut donc sacrifier les urgences de nuit pour assurer un minimum de service le jour, avec le personnel qui reste à disposition, en attendant de pouvoir recruter. "Il nous manque quatre médecins sur un effectif de 11 médecins", explique Marie-Christine Flouriot, cadre supérieur à l’hôpital de Sisteron. "Donc on ne peut plus assurer les plannings, en mettant deux médecins présents 24 heures sur 24. Nous n’arrivons pas à recruter sur le site. On ne trouve pas de candidats."

"Moi, si cette nuit je fais un AVC, comment ça se passe ?"

Et la fermeture des urgences la nuit va obliger les patients à rouler cinquante kilomètres pour rejoindre l’hôpital le plus proche. Impensable pour beaucoup. "Quand même... je trouve ça tellement triste qu’on en arrive là", réagit une maman, dont l’un des enfants souffre d’une maladie rare. "Il y a quand même des vies en jeu. Il y a celle de ma fille, mais il y a aussi des enfants qui font des crises d’asthme en pleine nuit. Il y a des gens qui font des malaises cardiaques en pleine nuit. Moi, si cette nuit je fais un AVC, je suis maman de quatre enfants, comment ça se passe ? C’est inadmissible."

Et pour l’instant, aucune date n’est avancée pour la réouverture des urgences de nuit. Une manifestation est prévue lundi midi devant l’hôpital pour protester contre cette fermeture.

Europe 1
Par Nathalie Chevance, édité par R.d.