Loto du patrimoine : en Guyane, le Relais Barcarel en quête d'une nouvelle vie

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© A. Compper
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Le Relais Barcarel, à Saint-Laurent du Maroni, fait partie des 121 sites sélectionnés par le Loto du patrimoine. Cette bâtisse construite en 1880 est fermée depuis vingt ans, mais la famille des anciens tenanciers espère la rouvrir au public dès l'an prochain.
REPORTAGE

C'est un site emblématique en Guyane. Le Relais Barcarel, situé à Saint-Laurent-du-Maroni, fait partie des 121 sites qui doivent être sauvés par le Loto du patrimoine édition 2019. Cette maison exceptionnelle du 19ème siècle, construite par un ancien bagnard, espère aujourd'hui retrouver son lustre d'antan. Europe 1 vous y emmène.

"À chaque fois que je passe devant, j'ai un pincement au cœur"

Avec sa façade en briques et ses armatures en bois, le Relais Barcarel était souvent le premier point de chute des nouveaux arrivants à Saint-Laurent, qui était alors la ville pénitentiaire de l'ouest de la Guyane. Construit par un ancien bagnard en 1880, le bâtiment est vite devenu un hôtel.

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Le Relais Barcarel, époque 1907-1908 © A. Compper

"C'était vraiment un lieu de vie", se rappelle Armelle Compper, dont les grands-parents - dont le nom de famille était Barcarel - en étaient les gérants dans les années 1950. "L'emplacement est central, il y avait un très bon restaurant gastronomique… Mais ça fait déjà une vingtaine d'années que la maison est fermée. À chaque fois que je passe devant, j'ai un pincement au cœur", témoigne-t-elle au micro d'Europe 1.

Un million d'euros de travaux

Depuis cinq ans, elle se bat pour faire revivre le lieu et y rouvrir une chambre d'hôtes. Si les arcades dans l'ancienne salle du restaurant seront conservées dans la restauration, à l'intérieur, tout est à refaire... "Là, par exemple, vous avez des briques qui s'effritent, ce sont des champignons qui les ont attaquées", pointe du doigt Serge-Aimé Saint-Aude, l'architecte du projet. "La chance que nous avons, c'est que la famille Compper a pu conserver quelques briques. Ça nous permettra de faire une réhabilitation avec des matériaux d'époque", se satisfait-il.

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© A. Compper

À l’étage, les chambres sont toujours là. On devine leurs tons pastel, vert, ou jaune... "Si on regarde bien, on peut retrouver la peinture d'origine", confirme l'architecte. Au total, le montant des travaux est estimé à 1 million d'euros. Même si elle ne sait pas exactement combien le Loto du patrimoine va lui donner, Armelle Compper, qui a réussi à réunir la somme de 170.000 euros jusque-là, espère boucler son budget grâce à lui. Objectif : ouvrir ses huit chambres de meublés de tourisme au second semestre 2020. Et l'intéressée de conclure avec une note d'optimisme : "Comme on dit en Guyane, la tortue gravit la montagne pas à pas".

Europe 1
Par Théo Maneval, envoyé spécial en Guyane, édité par Thibauld Mathieu