Grand froid: "Il y a d'anciens ateliers dans lesquels on pourrait mettre les gens de manière temporaire"

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Architecte de l'urgence, Patrick Coulombel assure que des solutions peu coûteuses peuvent être mises en place pour loger les sans-abri de manière temporaire afin de les protéger des températures polaires qui arrivent.

INTERVIEW

Venu tout droit de Sibérie, le froid s’abat sur la France et le thermomètre affiche des températures négatives. Avec le vent, les températures ressenties sont encore plus faibles. Patrick Coulombel, architecte de l'urgence qui intervient après les catastrophes (tremblements de terre, conflits...) pour sécuriser et reconstruire, était l'invité de la matinale d'Europe 1. Par temps de grand froid, l'urgence est de mettre à l'abri ceux qui dorment dehors, explique-t-il.

"On sait le faire". "C'est d'autant plus une urgence que je trouve ça incroyable qu'on ait des gens qui dorment dehors." Il en va de même pour la situation des migrants selon lui, et pourtant ce spécialiste estime avoir une solution. "Il y a une trentaine de milliers d'architectes qui travaillent en France. Partout. Il y a un maillage national. Il y a aussi des usines ou d'anciens ateliers qui ne sont pas stigmatisants dans lesquels on pourrait mettre les gens de manière temporaire où ils seront au chaud, avec des sanitaires. Ce n'est pas très compliqué à faire, on sait le faire. Il faut d'abord des accompagnateurs. Il y a assez d’organisations spécialisées. Il ne faut pas oublier que beaucoup de gens dans la rue ont des problèmes d'addiction, de santé mentale et ce n'est pas du tout traité", détaille Patrick Coulombel.

Moins cher que l'hôtel. Au niveau du logement d'urgence, Patrick Coulombel explique le nécessaire : "Faire des séparations coupe-feu. On n'est pas dans une norme de logement mais d'abri. Les normes acoustiques ne sont pas respectées mais on peut faire avec. Les gens peuvent vivre au chaud dans des conditions relativement décentes." Le spécialiste compare le coût des travaux à celui de l'hébergement hôtelier. "Un nuit d'hôtel, c'est entre 35 et 50 euros. A Montreuil (Seine-Saint-Denis), pour 150 personnes, le coût de ce qu'on a fait a été amorti au bout de deux mois et demi."