Fipronil : pour la Confédération paysanne, les industriels "n'ont pas joué le jeu"

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Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, a renouvelé son refus d'une "agriculture (...) de fermes-usines qui sont en train de bousiller notre alimentation et la santé des gens". © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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La Confédération paysanne estime que le gouvernement aurait dû montrer "beaucoup plus de fermeté".

La Confédération paysanne considère que les industriels de l'agro-alimentaire "n'ont pas joué le jeu" dans l'affaire des œufs contaminés au fipronil et que le gouvernement aurait dû montrer "beaucoup plus de fermeté", a déclaré dimanche sur France Inter, son porte-parole Laurent Pinatel. Laurent Pinatel a renouvelé son refus d'une "agriculture (...) de fermes-usines qui sont en train de bousiller notre alimentation et la santé des gens". Interrogé sur la fraude au fipronil, le porte-parole a dénoncé "un jeu des industriels assez opaque".

Le gouvernement aurait dû montrer "beaucoup plus de fermeté." "Est-ce que ce sont les industriels qui ont tardé à établir où étaient passés les produits ou est-ce que c'est le gouvernement qui a tardé à sortir la liste ?", s'est-il interrogé. "Nous on penche plutôt quand même sur le fait que les industriels n'ont pas joué le jeu", a-t-il poursuivi, jugeant qu'il "aurait fallu (...) que le gouvernement fasse preuve de beaucoup plus de fermeté et exige de l'agro-alimentaire des résultats et une traçabilité beaucoup plus rapide". Plus généralement, "on s'aperçoit que tous les scandales sanitaires, tous les scandales de fraude, de tromperie au niveau de l'alimentation (...) c'est l'agro-alimentaire qui les crée et qui les entretient", a affirmé Laurent Pinatel.

La Confédération paysanne pour sa part défend un projet "basé sur la reconnaissance du travail" et "la juste rémunération" des agriculteurs, a dit son porte-parole, revendiquant un poids de 20% aux élections professionnelles du secteur agricole. Selon Laurent Pinatel, "on voit très bien qu'il y a un type d'agriculture qui est prédatrice", "l'agriculture industrielle (qui) a une capacité de captation des primes (subventions, ndlr) au niveau européen" et qui "a les moyens de bouffer toute la petite agriculture".

"Partager le gâteau." Il a dénoncé les "fermes-usines qui sont en train de bousiller notre alimentation et la santé des gens, des paysans en premier lieu, et qui sont en train de faire disparaître tout un tas de paysans". La Confédération paysanne, qui fête ce week-end ses 30 ans, demande une loi prévoyant la fixation d'un revenu pour les paysans en fonction de leurs coûts de production, a-t-il rappelé. "Il faut déterminer un prix en-dessous duquel l'agriculteur ne peut pas vivre, et après il faut que la grande distribution, la grande transformation accepte de partager le gâteau", a-t-il lancé.