Au lieu d'utiliser des pesticides, ils aident les plantes à se défendre elles-mêmes

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La startup UV Boosting propose une méthode de stimulation des défenses naturelles des plantes grâce aux UV. Une solution qui permet de réduire l'utilisation de pesticides. Son cofondateur, Yves Matton, était lundi l'invité d'Europe 1.
LA FRANCE BOUGE

Et si les plantes pouvaient se passer de pesticides pour se défendre ? C'est en tout cas le pari de la startup UV Boosting. Accompagnée notamment de deux chercheurs d'Avignon spécialisés dans la biologie végétale, elle a en effet développé une méthode qui permet de stimuler les défenses naturelles des plantes, notamment celles des vignes, et ce, grâce aux ultraviolets.

Pour mieux comprendre le procédé, on peut comparer cette avancée au vaccin chez l'humain. "Il s'agit d'exposer la plante à une agression en espérant que celle-ci mette en place un mécanisme pour se défendre", explique Yves Matton, cofondateur et directeur technique d’UV Boosting, dans La France bouge, sur Europe 1.

 

Concrètement, il s'agit d'accessoires qui se branchent sur les tracteurs des agriculteurs "comme des pulvérisateurs ou des outils pour tailler la vigne", détaille Yves Matton. Les machines, une fois équipées, envoient des flashs UV sur les vignes. "Après l'exposition aux UV, la plante va mettre en place toute une cascade métabolique qui va notamment conduire à la sécrétion de produits antifongiques naturels que la plante produit quand elle est exposée à un champignon et qui vont la rendre plus résistante", détaille Yves Matton. "Quand le pathogène va se présenter lors de la saison, celle-ci sera ainsi plus résistante." 

Aucun risque pour les plantes

Les flashs UV peuvent-ils abîmer ou perturber la plante ? Aucun risque, assure Yves Matton. "La dose d'UV envoyée est infime par rapport aux doses que la plante reçoit naturellement au fur et à mesure de la saison", rassure-t-il. La méthode permet non pas de remplacer l'utilisation de pesticides mais d'en réduire le besoin.

"Notre méthode permet de réduire le besoin de pesticides de 50 à 75 %. Ainsi, le viticulteur aura encore besoin d'un pulvérisateur, mais il économisera sur l'achat de produits phytosanitaires, qui sont très onéreux", détaille Yves Matton. "L'idée est que l'investissement soit rentabilisé en quatre ou sept ans, tout dépend de la surface de la parcelle", indique-t-il. La pratique culturale d'UV Boosting sera commercialisée pour la saison 2020.

 

 

 

 

Europe 1
Par Apolline Merle